Entretien exclusif avec M. Moustapha Djamil Thiam patron du site wabitimrew.net : “Il faut sensibiliser les jeunes et les dissuader à emprunter l’exode vers d’autres pays”

18 - Juillet - 2022

M. Moustapha Diamil Thiam est un sénégalais résidant en Belgique depuis plusieurs années; Membre fondateur de l’Observatoire des Sénégalais de la Diaspora (OSD)et patron du site wabitimrew.net. Il a accepté de répondre aux questions de notre rédaction. Entretien.

Entretien exclusif avec Monsieur Moustapha Djamil Thiam

M. Thiam, il y a quelques années vous et quelques-uns de vos amis aviez porté sur les fonts baptismaux l’observatoire des Sénégalais de la diaspora, quelles sont été vos motivations ?

Merci M. Sakho pour cette question. Nous avons mis en place cette organisation parce que nous avions pensé en 2013 que la diaspora avait besoin d’un cadre de réflexion et d’actions crédibles qui apporte sa contribution, outre à l’amélioration des conditions d’existence des compatriotes, au développement du Sénégal. L’Observatoire a été mis en place des compatriotes, reconnus pour leurs compétences et leur engagement.

Depuis un certain temps on a noté une certaine léthargie. Pourquoi l’observatoire tarde-t-il à décoller ?
L’Observatoire des Sénégalais de la Diaspora (OSD) ne saurait être une organisation populiste. Nous ne cherchons pas le buzz. Notre crédo est d’œuvrer essentiellement en faveur des préoccupations des compatriotes, dans la réflexion et l’action. Nous faisons nos réunions périodiques et nos activités stratégiques. Nous sommes une plateforme composée de différents profils. Aujourd’hui, nous travaillons sur des projets avec des partenaires européens.

Il existe une multitude d’organisations des Sénégalais de l’extérieur. Ceci ne constitue-t-il pas un frein pour la diaspora ?
Je dirais qu’il n’y a pas assez de structures portées par des sénégalais vivant à l’extérieur. A mon sens, on doit les encourager à se multiplier, s’organiser et à se structurer pour porter les véritables aspirations des compatriotes. L’Observatoire n’est pas dans une dynamique de concurrence mais plutôt de complémentarité. Cependant, chaque organisation a son orientation et ses objectifs à atteindre.
En tant que Sénégalais de la diaspora, que pensez-vous des députés de la diaspora?
L’implication des compatriotes dans les sphères décisionnelles est une idée novatrice du Président Macky Sall. Même si la première expérience de ces députés de la diaspora, lors de cette législature sortante, a été catastrophique, nous pensons que les nouveaux auront une feuille de route beaucoup plus précise pour leur permettre remplir convenablement leur mission parlementaire. Ce qui est constant en effet, les futurs députés de la diaspora doivent être au chevet des préoccupations.

Quelle appréciation faites-vous de la prestation des députés de la diaspora dont le mandat tire à sa fin.?
Comme je vous l’ai dit auparavant, les députés n’ont pas été à la hauteur des besoins des sénégalais de la diaspora. Ils n’ont pris aucune initiative lors de cette législature.
Depuis un certain temps certains sénégalais de la diaspora ont envahi les réseaux et sont devenus des insulteurs publics. Quel commentaire faites-vous ?
Je respecte les positions des personnes qui ont opté de procéder par les injures sur les supports sociaux. Mais, c’est aberrant et indigne de passer tout son temps habituellement à insulter les honnêtes citoyens.

La fuite des cerveaux et un phénomène qui prend de l’ampleur de jour en jour. Quel en est la cause selon vous ?
Ce phénomène est très prégnant dans nos pays d’Afrique subsaharienne comme au Sénégal où nous assistons à une fuite des cerveaux, c’est -à -dire la fuite non négligeable des véritables talents. De jeunes sénégalais, instruits et bien formés, migrent vers les pays d’Europe à la recherche d’opportunités. Le plus souvent, les raisons avancées sont financières et professionnelles. Il est clair que l’exode des cerveaux renvoie au départ massif des cadres vers des pays où ils espèrent un mieux-être. Dans divers pays d’Afrique, les rapports difficiles dans les relations entre les intellectuels et les politiques, ont motivé le choix de l’expatriation chez de nombreux intellectuels.

Qu’est ce qui doit être fait pour le freiner ?
Pour endiguer la fuite des cerveaux, il s’agit de sensibiliser les jeunes et les dissuader à emprunter l’exode vers d’autres pays. En leur assurant également des emplois décents et durables, leur proposer de réelles perspectives et leur offrir un niveau de vie plus élevé qui leur permette de s’épanouir librement.

 

Entretien : Malick Sakho

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