Une annonce qui dépasse largement le cadre d’un simple financement. La Guinée vient d’obtenir un nouveau soutien en faveur de l’accès à l’eau potable, à travers une enveloppe de 50 000 dollars, soit environ 439 millions de francs guinéens, accordée par l’Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours. L’annonce a été faite par Jordan Garcia, Consul honoraire de la République de Guinée en Californie, qui voit dans ce nouveau partenariat une occasion de poursuivre des actions concrètes au bénéfice des communautés guinéennes.
Le financement doit notamment permettre la réalisation de forages d’eau potable dans des localités qui en ont particulièrement besoin. Derrière cette annonce, il y a donc une réalité très simple, mais essentielle : pour de nombreuses communautés, disposer d’un point d’eau accessible, sécurisé et durable peut changer profondément la vie quotidienne.
L’initiative s’inscrit dans une démarche que Jordan Garcia semble vouloir inscrire dans la durée. Son rôle de Consul honoraire de Guinée en Californie lui confère une position particulière à la croisée des mondes diplomatique, associatif et économique. Sans être un diplomate de carrière, le consul honoraire peut jouer un rôle précieux dans la création de passerelles entre la Guinée et les acteurs de la société civile, du monde économique et philanthropique aux États-Unis. Dans un contexte où les pays africains cherchent de plus en plus à mobiliser leur diaspora et les partenaires internationaux autour de projets de développement concrets, ce type de relais peut s’avérer particulièrement utile.
Jordan Garcia ne présente d’ailleurs pas cette nouvelle opération comme une initiative isolée. Il rappelle qu’un premier soutien avait déjà été apporté l’année précédente aux écoles guinéennes. Le nouveau financement consacré à l’eau potable vient ainsi prolonger une collaboration qui commence à prendre la forme d’un véritable partenariat autour de besoins fondamentaux.
La dimension humaine du projet repose également sur la collaboration avec l’ONG Non Nobis et sa représentante, Sylvie Clapasson, avec laquelle les équipes travaillent sur le terrain. L’organisation est engagée depuis plusieurs années en Guinée, notamment dans la région de Kankan, où elle intervient sur des questions liées à l’éducation, à l’eau, à l’environnement, à la santé et au développement communautaire. Cette présence de terrain constitue un élément déterminant pour transformer un financement en réalisations concrètes.
L’expérience de Non Nobis dans le domaine de l’accès à l’eau n’est pas nouvelle. L’association a déjà accompagné la création de plusieurs puits et l’installation de pompes dans des communautés rurales. En 2024, plusieurs nouveaux puits avaient notamment été réalisés dans le secteur de Kankan, venant renforcer des infrastructures déjà mises en place au cours des années précédentes.
Cette continuité donne au nouveau projet une portée particulière. Il ne s’agit pas simplement de financer quelques ouvrages hydrauliques, mais de poursuivre un travail qui s’appuie sur une connaissance des réalités locales et sur des relations établies avec les communautés bénéficiaires.
Pour la Guinée, l’enjeu de l’eau potable est évidemment majeur. Le pays dispose d’importantes ressources en eau, mais leur présence ne garantit pas automatiquement leur accessibilité à l’ensemble de la population. Entre les zones rurales éloignées, les infrastructures insuffisantes et les difficultés liées à l’entretien des équipements, l’accès à une eau potable de qualité demeure une préoccupation dans de nombreuses localités.
Dans ces conditions, la construction d’un forage peut avoir des conséquences bien plus importantes qu’il n’y paraît. Elle permet d’abord de réduire la distance que les populations doivent parcourir pour s’approvisionner. Elle contribue ensuite à améliorer les conditions sanitaires en diminuant la dépendance à des sources d’eau potentiellement contaminées. Mais son impact peut également se mesurer dans l’organisation même de la vie familiale et communautaire.
Les femmes et les enfants sont souvent les premiers concernés par les difficultés d’accès à l’eau. Dans les zones où les points d’eau sont éloignés, une partie importante de la journée peut être consacrée à cette tâche. Un point d’eau fonctionnel au cœur ou à proximité d’une communauté permet alors de libérer du temps pour l’école, les activités économiques, l’agriculture ou encore la vie familiale.
C’est pourquoi un projet d’accès à l’eau potable doit être considéré comme un véritable projet de développement. Il touche à la santé, à l’éducation, à l’économie locale et à la dignité humaine. Dans une communauté rurale, un forage peut devenir un élément structurant autour duquel s’organisent de nouvelles activités et de meilleures conditions de vie.
Le défi sera toutefois de garantir la pérennité des installations. Construire un forage constitue une première étape ; assurer son fonctionnement dans la durée en est une autre. La qualité des études préalables, le choix des sites, la robustesse des équipements, leur maintenance et l’implication des populations locales seront déterminants. Sur ce point, l’expérience des organisations déjà présentes en Guinée peut constituer un atout considérable.
L’action engagée autour de ce financement montre également l’importance croissante des liens entre la diaspora, les représentations guinéennes à l’étranger et les organisations philanthropiques. La mobilisation de partenaires américains autour d’un projet situé en Guinée illustre ce que peuvent produire des réseaux construits au-delà des frontières.
Le rôle d’un consul honoraire peut justement prendre tout son sens dans cette dynamique. En favorisant les rencontres, en facilitant les relations et en donnant de la visibilité aux besoins du pays, il peut contribuer à faire émerger des partenariats qui n’auraient peut-être pas vu le jour autrement. Pour un pays comme la Guinée, qui cherche à attirer davantage d’investissements, de compétences et de soutiens internationaux, cette capacité à créer des ponts constitue un levier qu’il serait intéressant de renforcer.
L’engagement de Jordan Garcia prend ainsi une dimension qui dépasse la seule annonce de ce financement. En associant son rôle de représentant honoraire de la Guinée en Californie à des initiatives concrètes en faveur des populations, il contribue à donner un contenu plus opérationnel à la relation entre la Guinée et ses partenaires américains.
Le passage de l’appui aux écoles, l’année dernière, à un projet consacré aujourd’hui à l’eau potable est également révélateur. Éducation et accès à l’eau sont deux dimensions essentielles du développement humain. Une école ne peut pleinement jouer son rôle dans un environnement où les conditions sanitaires sont précaires, tandis que l’amélioration de l’accès à l’eau crée un environnement plus favorable à la scolarisation et au bien-être des enfants.
À travers ces 50 000 dollars, plusieurs communautés guinéennes pourraient donc bénéficier d’une infrastructure dont l’impact se prolongera bien au-delà de la date de son inauguration. Chaque forage réalisé dans une localité qui en a réellement besoin peut représenter moins de kilomètres parcourus pour aller chercher de l’eau, moins de risques sanitaires, davantage de temps pour les enfants et de nouvelles possibilités pour les familles.
La véritable réussite de cette initiative se mesurera finalement sur le terrain, dans la capacité à identifier les communautés les plus vulnérables, à réaliser des ouvrages adaptés à leurs besoins et surtout à en garantir le fonctionnement dans le temps. Mais l’annonce constitue déjà un signal positif : celui d’une coopération qui cherche à produire des résultats visibles et directement utiles aux populations.
Pour la Guinée, qui a besoin de multiplier les partenariats autour de ses infrastructures sociales de base, cette expérience pourrait aussi ouvrir la voie à d’autres collaborations. Elle rappelle surtout que les ressources nécessaires au développement ne se trouvent pas uniquement dans les grands programmes institutionnels. Elles peuvent également émerger de rencontres entre une diaspora engagée, des représentants capables de jouer le rôle de passerelles, des organisations de terrain et des acteurs philanthropiques prêts à soutenir des projets concrets.
L’eau potable reste l’un des besoins les plus élémentaires d’une société. Mais lorsqu’un projet permet à une communauté d’y accéder durablement, il devient bien plus qu’un ouvrage : il devient une promesse d’amélioration de la vie quotidienne. C’est toute la portée de l’initiative aujourd’hui portée par Jordan Garcia, avec le concours de l’Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours et de l’ONG Non Nobis. Pour les communautés qui bénéficieront des futurs forages, cette promesse pourrait bientôt devenir une réalité très concrète.
Malick Sakho