Il y avait des trophées, de la musique, des rencontres, des applaudissements et beaucoup de fierté. Mais derrière les paillettes d’une cérémonie soigneusement préparée, c’est surtout une certaine idée de l’Afrique que les Baobab Awards ont voulu mettre en lumière. À Trélazé, près d’Angers, la deuxième édition de cette initiative portée par Africa Benno a réuni des personnalités venues saluer des parcours africains et ceux qui, par leur travail et leur engagement, font vivre cette excellence au quotidien.
Trélazé n’a pas été choisie au hasard pour accueillir cette rencontre. Commune située dans le Maine-et-Loire, à quelques kilomètres d’Angers, elle porte une histoire singulière, notamment marquée par l’exploitation de l’ardoise. C’est aujourd’hui une ville qui accueille des populations venues d’horizons différents et dans laquelle la présence africaine trouve naturellement sa place. La soirée a pris une résonance particulière avec la présence du maire, Lamine Naham, d’origine sénégalaise.
Sa présence n’était pas seulement celle d’un élu venu assister à une cérémonie. Elle rappelait aussi la place prise par des femmes et des hommes issus de l’immigration africaine dans la vie des collectivités françaises. À Trélazé, l’histoire personnelle du maire et son parcours s’inscrivent dans cette réalité désormais bien visible : celle d’une génération qui a grandi entre plusieurs références, plusieurs cultures et plusieurs espaces, et qui participe aujourd’hui pleinement à la vie publique locale.
Dans la salle, les regards étaient tournés vers les lauréates et les lauréats. Le principe des Baobab Awards est simple : distinguer des Africaines et des Africains qui se distinguent dans leurs domaines respectifs. Entrepreneuriat, engagement, réussite professionnelle ou contribution à la société, les parcours mis à l’honneur racontent une Afrique loin des clichés, une Afrique qui entreprend, crée, innove et s’engage.
Le choix du baobab comme emblème donne à cette reconnaissance une portée particulière. L’arbre est profondément associé à l’Afrique. Il résiste au temps, s’enracine profondément et continue de transmettre. À travers ces distinctions, Africa Benno semble avoir voulu faire passer le même message : les réussites individuelles prennent une autre dimension lorsqu’elles peuvent inspirer et ouvrir la voie à d’autres.
La présence de Birame Souleye Diop, ancien ministre, et celle du député Mayabé Mbaye, député de Pastef, ont également marqué cette deuxième édition. Leur participation a donné à la rencontre une dimension politique et institutionnelle, sans pour autant détourner la soirée de son objectif premier : célébrer les parcours et les talents.
Puis la musique a pris le relais. La Lionne Titi et El Hadji Diouf ont assuré l’animation, donnant à la soirée cette atmosphère particulière des grands rendez-vous de la communauté africaine. Les conversations se poursuivaient entre les séquences, les applaudissements accompagnaient les distinctions et les artistes ont contribué à installer une ambiance à la fois festive et chaleureuse.
Mais les Baobab Awards ne se sont pas limités à une remise de trophées. C’est probablement là que se trouve l’une des particularités de cette initiative. Africa Benno a voulu associer la célébration de la réussite à une action concrète en faveur des personnes en difficulté.
À la tête de l’association, Bamba Diop est engagé dans des actions sociales en faveur des populations défavorisées. Pour lui permettre de poursuivre et de renforcer ce travail, plusieurs tableaux ont été proposés aux enchères au cours de la soirée. Les œuvres ont changé de mains sous les regards du public, avec derrière chaque acquisition une autre finalité : contribuer à financer des actions destinées à ceux qui en ont le plus besoin.
Cette séquence a donné un autre relief à la cérémonie. Car si les Baobab Awards parlent d’excellence, ils parlent aussi de responsabilité. Réussir, être reconnu, avoir la possibilité de donner, tout cela prend un sens différent lorsque cette réussite permet également de soutenir les autres.
C’est finalement ce mélange qui a fait la force de cette deuxième édition. La reconnaissance des talents, la musique, la présence de personnalités venues de différents horizons et l’engagement social ont donné à la soirée une identité qui dépasse celle d’un simple gala.
À Trélazé, Africa Benno a voulu montrer une Afrique qui ne demande pas seulement à être regardée, mais à être reconnue pour ce qu’elle produit, pour les femmes et les hommes qui la représentent et pour les initiatives qu’elle porte. Une Afrique de la réussite, mais aussi de la solidarité.
Dans cette commune proche d’Angers, le temps d’une soirée, les parcours individuels sont devenus une histoire collective. Les trophées ont récompensé l’excellence, les artistes ont fait vibrer la salle et les enchères ont rappelé que la réussite peut aussi servir une cause. Pour sa deuxième édition, les Baobab Awards ont ainsi trouvé leur véritable raison d’être : mettre les talents sous les projecteurs sans jamais perdre de vue ceux qui restent dans l’ombre.
Malick Sakho