En Suède, Thierno Amadou Ba place la diplomatie spirituelle au service de la paix

04 - Octobre - 2026

La Suède a constitué une nouvelle étape de la 18e tournée européenne de Thierno Amadou Ba, Khalif Général de Bambilor et Ambassadeur de la Paix. À Tyresö, dans la région de Stockholm, le guide religieux a rencontré une importante communauté sénégalo gambienne venue en nombre partager un moment de spiritualité, de fraternité et d’échanges autour des valeurs de paix et de vivre ensemble.

La salle affichait complet. Dans une atmosphère profondément spirituelle, les khassaïdes et le zikr ont rythmé l’accueil réservé au Khalif et à la délégation qui l’accompagnait. Au delà de la dimension religieuse de cette rencontre, c’est une communauté attachée à ses racines, à ses traditions et aux liens qui unissent Sénégalais et Gambiens qui s’est retrouvée autour d’un même idéal.

Cette étape suédoise s’inscrit dans une tournée dont la vocation dépasse largement les frontières des communautés religieuses. Elle porte une réflexion sur la place de la spiritualité dans les sociétés contemporaines et sur la capacité des responsables religieux à contribuer au rapprochement des peuples. À Tyresö, Thierno Amadou Ba a ainsi placé la paix, le dialogue et la responsabilité collective au centre de son message.

Dans son intervention, il a rappelé que la foi ne saurait être réduite à une pratique individuelle ou à une simple croyance. Elle doit également se traduire par des comportements, une conscience de ses responsabilités et une attention portée à l’autre. La justice, la bienfaisance, la sincérité, la solidarité et le respect de la dignité humaine constituent, selon cette vision, autant de valeurs indispensables à la construction d’une société équilibrée.

Cette réflexion prend une résonance particulière dans les sociétés européennes, où les migrations ont rapproché des populations venues d’horizons différents. Pour Thierno Amadou Ba, la diversité ne doit pas être perçue comme une source de méfiance ou de séparation. Elle peut au contraire devenir une occasion de mieux se connaître et de construire des relations fondées sur le respect mutuel. Le vivre ensemble ne signifie pas renoncer à son identité, mais accepter celle de l’autre sans transformer la différence en menace.

Dans ce contexte, la communauté sénégalo gambienne apparaît comme un espace où se croisent plusieurs appartenances. Il y a l’attachement aux origines, la pratique religieuse, la transmission culturelle, mais aussi la réalité quotidienne d’une diaspora installée dans un pays d’accueil. Le message du Khalif invite précisément ces communautés à faire de cette position un atout, en devenant elles aussi des acteurs du dialogue et de la paix.

C’est dans cette perspective que la diplomatie religieuse occupe une place centrale dans sa démarche. Thierno Amadou Ba considère que les responsables religieux disposent d’une capacité particulière à rapprocher les hommes, notamment grâce à leur influence morale, à leurs réseaux et à leur proximité avec les populations. Cette diplomatie spirituelle n’a pas vocation à se substituer à celle des États. Elle doit plutôt intervenir en complément, en contribuant à prévenir les tensions, à faciliter le dialogue et à restaurer la confiance lorsque celle ci vient à manquer.

L’idée est simple mais profonde : lorsque le dialogue politique devient difficile, la rencontre humaine peut encore ouvrir une porte. Dans les sociétés marquées par les fractures, les responsables religieux peuvent rappeler ce qui rassemble plutôt que ce qui divise. La spiritualité devient alors un langage de rapprochement et non une frontière supplémentaire entre les communautés.

Le Khalif a également insisté sur la responsabilité de la diaspora. Loin d’être uniquement une communauté vivant à l’étranger, celle ci peut devenir une véritable ambassadrice des valeurs de paix, de respect, de solidarité et de fraternité. Dans les pays d’accueil, chaque comportement, chaque engagement associatif, chaque initiative en faveur du dialogue participe à l’image de la communauté et à la qualité des relations qu’elle entretient avec son environnement.

Cette responsabilité est d’autant plus importante que les communautés religieuses ne sont pas seulement des lieux de prière. Elles peuvent être des espaces de transmission, d’éducation, de solidarité et d’accompagnement des familles et des jeunes. Elles peuvent aussi contribuer à lutter contre l’isolement et à reconstruire la confiance entre les individus.

La rencontre de Tyresö aura ainsi permis de rappeler que la spiritualité ne prend toute sa portée sociale que lorsqu’elle produit des comportements à la hauteur des valeurs qu’elle enseigne. Le discours prononcé durant cette tournée insiste précisément sur cette nécessité d’une foi qui transforme l’individu et l’amène à participer positivement à la société.

Cette vision rejoint également une réflexion plus large sur le développement. Pour Thierno Amadou Ba, une société moderne ne peut pas être évaluée uniquement à travers ses infrastructures, sa puissance économique ou ses avancées technologiques. Le développement suppose également de l’éducation, de la justice, de la solidarité, de la dignité dans le travail et une conscience de l’intérêt général. La modernité, aussi avancée soit elle, ne peut avoir de sens si elle laisse derrière elle la confiance, l’humain et le sens des responsabilités.

La jeunesse occupe naturellement une place importante dans cette réflexion. Dans des sociétés en pleine mutation, elle a besoin de connaissances et de compétences, mais aussi de repères et d’espérance. Les familles, les écoles, les associations, les institutions et les communautés religieuses ont, chacune à leur niveau, un rôle à jouer pour accompagner cette génération et lui permettre de devenir actrice de son propre avenir.

À Tyresö, cette réflexion a trouvé un écho particulier auprès d’une communauté venue écouter, partager et témoigner son attachement à ses valeurs. La chaleur de l’accueil, la mobilisation et la ferveur qui ont accompagné la rencontre ont donné à cette étape suédoise une dimension particulière dans la 18e tournée européenne de Thierno Amadou Ba.

Au fond, le message porté en Suède repose sur une conviction : la paix ne se décrète pas uniquement dans les palais, les institutions ou les salles de négociation. Elle se construit aussi dans les familles, dans les lieux de culte, dans les associations, dans les quartiers et dans les relations quotidiennes entre les hommes. La diplomatie des États demeure indispensable, mais elle doit pouvoir s’appuyer sur une diplomatie des consciences capable de rapprocher les peuples et de faire reculer la méfiance.

La rencontre de Tyresö aura donc été bien plus qu’une étape spirituelle. Elle aura été un moment de transmission et de réflexion sur la responsabilité des communautés vivant en diaspora, sur leur capacité à contribuer au vivre ensemble et sur la place que la foi peut occuper dans la construction d’un monde plus apaisé.

En Suède comme dans les autres étapes de cette tournée européenne, Thierno Amadou Ba poursuit ainsi un même objectif : faire de la spiritualité un espace de dialogue, de rapprochement et de paix. Une démarche qui prend tout son sens dans une Europe où les sociétés sont de plus en plus diverses et où le défi du vivre ensemble concerne désormais chacun.

MALICK SAKHO

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