Venu de Douala, le Secrétaire Régional de la CAPEF pour le Littoral a parcouru le salon de Rennes en homme de métier. Il est reparti avec des contacts, des idées, et une question posée aux organisateurs : pourquoi pas un SPACE en Afrique ?
armi les visiteurs venus de loin à cette 40e édition du Salon international de l'élevage, un Camerounais n'avait pas fait le déplacement pour le tourisme. Félix Leke est de ceux qui viennent à Rennes avec un projet en tête et l'intention de le faire avancer. Cadre technique du secteur agropastoral, il représente depuis septembre 2021 le Président de la Chambre d'Agriculture, des Pêches, de l'Élevage et des Forêts, Martin Paul Mindjos Momeny, dans la région du Littoral, depuis Douala. Sa fonction de Secrétaire Régional le place à l'endroit où les idées rencontrent le terrain. Il facilite les investissements, valorise les filières agropastorales de sa région, coordonne des programmes de formation pour les éleveurs et les agriculteurs qui veulent moderniser leurs pratiques, et supervise le déploiement des initiatives d'appui technique de la Chambre.
Avant la CAPEF, il avait coordonné la filière ananas du Projet de Développement des Chaînes de Valeurs Agricoles au Cameroun, puis dirigé de grandes exploitations agricoles à l'international. Un parcours de praticien, qui éclaire sa manière d'aborder un salon comme le SPACE. Car la Chambre qu'il représente joue, auprès des entrepreneurs de l'élevage, un rôle de facilitateur et d'incubateur. Dans le Littoral, cela passe par l'appui technique aux éleveurs de bétail et de volaille, la structuration des coopératives, les conseils en alimentation animale et en biosécurité des fermes. Cela passe aussi par l'aide à la commercialisation des produits vers les grands centres urbains, Douala en tête, et par des formations pratiques sur la création et la gestion rentable d'une ferme avicole, porcine ou de petits ruminants. Autant de sujets sur lesquels un salon de cette envergure a beaucoup à montrer.
À Rennes, Félix Leke a fait ce que l'on attend d'un technicien. Il est allé vers les acteurs du secteur, tous ceux qu'il pouvait rencontrer, et il a écouté, questionné, comparé. Un salon comme le SPACE réunit sur un même site ceux qui produisent, ceux qui équipent, ceux qui conseillent et ceux qui organisent. Pour un responsable chargé d'accompagner des éleveurs à des milliers de kilomètres, cette concentration de savoir-faire vaut plus qu'un long rapport. Il ne s'est pas arrêté là. Il est aussi allé à la rencontre des organisateurs du salon, et c'est peut-être l'échange le plus prometteur de son séjour. Avec eux, il a évoqué la possibilité d'organiser un SPACE en Afrique.
L'idée n'en est encore qu'au stade de la discussion, mais elle dit quelque chose de la manière dont il envisage son rôle : ne pas se contenter de rapporter des idées du salon, mais réfléchir à la façon de rapprocher le salon de ceux qui en ont le plus besoin. Ce qui frappe, dans la démarche de Félix Leke, c'est sa cohérence. Un homme formé sur les exploitations, passé par une filière agricole structurée, aujourd'hui chargé d'appuyer les éleveurs d'une région entière, se rend là où se croisent les compétences du secteur, et en rapporte à la fois des contacts et une proposition. À Douala, la Chambre du Littoral y trouvera de quoi nourrir ses programmes. Et si l'idée d'un SPACE africain devait un jour prendre corps, on saura que la première graine a été semée dans les allées de Rennes, en septembre 2026, par un technicien venu du Cameroun.
Malick Sakho