Il y a des trajectoires qui se racontent en ligne droite, et d'autres qui se construisent dans les virages. Celle de Mame Diarra Bousso Mbow appartient à la seconde catégorie. Aujourd'hui fondatrice , directrice générale et figure de proue de Mousso Global Services (MGS), elle a fait du sourcing global et de la facilitation des échanges commerciaux son terrain de jeu, depuis Istanbul, où elle a posé ses valises il y a maintenant plus de dix ans.
Tout commence pourtant loin du Bosphore, sur les bancs de l'école Saint Abraham, au Sénégal, puis dans les lycées Saint-Michel, Baobab et Yala Surren. Une scolarité classique, presque discrète, qui la mène à l'IPD Thomas Sankara, où elle décroche sa licence. C'est là, diplôme en poche, qu'elle prend une décision qui dira beaucoup de son tempérament : quitter le pays natal pour aller voir ailleurs, en l'occurrence en Turquie, en 2015. Elle y arrive sans filet, et s'y fait une place à la force du travail. Chez Beethoven, puis chez Vokzal, elle apprend le marché turc de l'intérieur, ses codes, ses rouages, ses hommes d'affaires.
C'est le socle discret sur lequel elle bâtira, bien plus tard, un réseau qu'elle sait aujourd'hui faire jouer sur plusieurs continents. Mais 2018 vient rebattre les cartes. Un divorce, et avec lui, l'obligation de tout reconstruire. Mame Diarra ne s'attarde pas sur les décombres : elle fonde une première entreprise, tournée vers le nettoyage professionnel et le recrutement. L'élan est réel, mais la pandémie de Covid-19 en décide autrement, et l'économie mondiale à l'arrêt la pousse à faire une cessation d’activité .
Elle ne baisse pas les bras pour autant, elle pivote. Direction la mode, un secteur où son sens de l'image et de l'esthétique fait mouche. Elle monte sa propre agence de mannequinat, devient le visage de plusieurs enseignes textiles turques, et surtout, tisse dans les usines et les ateliers un carnet d'adresses qui deviendra son véritable capital. Car c'est bien ce réseau, patiemment construit boutique après boutique, qui la fait basculer en 2023 vers ce qui constitue aujourd'hui son cœur de métier : le sourcing de haut niveau. Ce qui n'était au départ que des contacts dans le textile se transforme en quelques mois en une chaîne d'approvisionnement à l'échelle internationale. Les institutions ne s'y trompent pas.
Le ministère de l'Agriculture de la Guinée-Bissau lui confie des dossiers stratégiques pour sécuriser des flux d'approvisionnement jugés essentiels au développement agricole du pays. Le ministère de l’agriculture lui donne ainsi un mandat exclusif ce qui témoigne de sa crédibilité.Elle collabore également avec une structure sociale liée à Sa Majesté le roi Mohammed VI du Maroc, basée en Guinée-Bissau, sur des projets à vocation socio-économique. La fédération du Roi La fédération s appelle FJIGB le Président S’appelle Dr.Seick Mamadu Uri BaldéLe ministère du Commerce bissau-guinéen ira jusqu'à lui adresser une lettre de soutien institutionnelle, consacrant sa réputation de facilitatrice d'affaires sur laquelle on peut compter.
Le monde des affaires ne raconte pourtant qu'une partie de l'histoire. Mame Diarra Bousso Mbow porte aussi, en parallèle, un engagement politique assumé pour son pays d'origine : elle occupe la fonction de coordinatrice du parti du président de la République du Sénégal, Bassirou Diomaye Faye. Deux vies, en apparence éloignées, qu'elle mène de front avec la même énergie.
C'est cette double casquette, entrepreneuriale et diplomatique, qu'elle met aujourd'hui au service d'un projet d'ampleur : l'organisation, à Istanbul, de la Convention Panafricaine d'Investissement Stratégique (CPIS). Un rendez-vous pensé comme un carrefour entre décideurs politiques, investisseurs et leaders économiques turcs et africains, et qui bénéficie du soutien direct de l'ambassade du Sénégal à Ankara. De quoi conforter, une fois de plus, ce rôle qu'elle s'est taillé sur mesure : celle qui relie les mondes, et qui, d'un continent à l'autre, sait faire dialoguer les intérêts pour en faire des opportunités.
Malick sakho