À la tête du Réseau International des Sénégalais Cadres et Entrepreneurs de l'Exterieur (RISCE), Abdou Chacour Diène porte une ambition : transformer les talents dispersés de la diaspora sénégalaise en une véritable force collective au service du développement du Sénégal. Ingénieur de formation, dirigeant d’entreprise et expert en stratégie, il défend une diaspora qui ne se limite plus aux transferts financiers, mais qui mobilise également ses compétences, ses réseaux et ses capacités d’investissement. Fort de plus de 500 membres répartis sur quatre continents, le RISCE entend créer des passerelles entre les talents de l’étranger et les opportunités du pays. Dans cet entretien, il revient sur la naissance du réseau, ses réalisations, les défis de l’engagement diasporique et sa vision d’un retour au pays pensé comme un choix stratégique.
Monsieur Abdou Chacour Diène, avant de parler du RISCE, nous aimerions faire connaissance avec l’homme qui le dirige. Qui êtes-vous, quel a été votre parcours professionnel et qu’est-ce qui vous a conduit à vous engager auprès des cadres et des talents de la diaspora sénégalaise ?
Je suis d’abord le fruit d’une éducation. Je viens d’une famille où le travail et les études avaient valeur de religion. Chez nous, on ne négociait pas avec l’effort : on se levait tôt, on révisait tard, et l’on apprenait qu’un savoir acquis ne vous appartient jamais totalement. Il se transmet, il se partage, il se rend. Cette conviction ne m’a jamais quitté.
Elle m’a conduit d’un Bac S1 au Sénégal jusqu’en France, d’abord avec un DUT à l’Université de Lille, puis un diplôme d’ingénieur à l’INSA Hauts-de-France. J’ai ensuite passé des années au cœur de programmes d’infrastructure de premier plan, chez VINCI Autoroutes, Siemens, Atos, la RATP, Bombardier et Alstom. J’y ai piloté des projets dont les budgets atteignaient 200 millions d’euros. Sur ces chantiers, des milliers de vies dépendent chaque jour de la fiabilité d’un tunnel, d’une autoroute ou d’un système ferroviaire. J’y ai appris une règle que j’applique partout : une ambition sans méthode n’est qu’un rêve, une méthode sans ambition n’est qu’une routine.
J’ai consolidé ce parcours par les certifications PMP et Scrum Master, un Master en administration des entreprises, un MBA en finance et un Global Executive MBA pour cadres dirigeants d’entreprise. Aujourd’hui, je préside SAMAD Group, un groupe dont le siège est à Dakar et qui est présent en Afrique et en Europe, dans le conseil, l’ingénierie, le digital, l’industrie et le trading. Je suis aussi consultant stratégique auprès du gouvernement fédéral allemand via le programme WIDU.africa, et je siège au comité de promotion des investissements et de la compétitivité économique de l’Ambassade du Sénégal en France.
Mon engagement porte une conviction forte : l’inclusion, en particulier celle des femmes. Je suis board advisor de Women in Tech Senegal. En septembre 2026, à l’île Maurice, j’ai reçu le prix « Best Gender Ally » aux WIT Awards. J’étais le premier Sénégalais, et le premier Ouest-Africain, nominé et primé dans cette catégorie. Je n’en tire aucune gloire personnelle, mais une responsabilité. Un pays qui se prive du talent de la moitié de sa population se condamne à avancer à cloche-pied.
Si je devais me définir en un mot, je dirais que je suis un liant. La diaspora déborde de volonté et le Sénégal déborde de besoins. Entre les deux, il manque souvent quelqu’un qui structure, connecte et transforme l’intention en résultat. C’est là que je me tiens : entre la volonté et l’impact.
RISCE est né d’une ambition et, sans doute, d’un constat sur la situation des compétences sénégalaises à l’étranger. Comment est venue l’idée de créer ce réseau ? Quel manque vouliez-vous combler ?
Le RISCE est né en 2023 d’un constat presque paradoxal. La diaspora sénégalaise compte des individualités remarquables : des ingénieurs dans les plus grands groupes industriels, des avocats, des financiers, des médecins, des chercheurs, des entrepreneurs qui ont bâti de belles entreprises. Ce sont des profils qui sortent de l’ordinaire. Et pourtant, collectivement, nous ne sommes pas perçus comme une communauté forte.
Pourquoi ? Parce que nous avions des étoiles, mais pas de constellation. Chacun brillait dans son coin, sans savoir que l’associé, l’expert ou l’investisseur dont il avait besoin était peut-être à deux stations de métro. Ce qui manquait, ce n’était ni le talent ni la volonté, c’était le lien. C’est ce lien que nous avons voulu créer.
L’enjeu dépasse largement nos trajectoires personnelles. D’ici 2050, une personne sur quatre sur Terre sera africaine. Les grandes puissances se disputent les talents, les capitaux et les marchés de notre continent. Dans cette compétition mondiale, notre diaspora est déjà un acteur économique majeur. En 2024, ses transferts ont atteint 2 211 milliards de francs CFA, soit près de 12 % du PIB du Sénégal selon la BCEAO. C’est plus que l’aide publique au développement. Mais l’essentiel de ces flux finance la consommation, pas la création de richesse.
Notre ambition tient en une phrase : la diaspora n’est pas un guichet, c’est un gisement. Un gisement de compétences, de réseaux et de capitaux, que le RISCE veut transformer en force collective, organisée et utile.
Construire un réseau à partir de l’étranger, sans disposer nécessairement de relais institutionnels, demande de la persévérance. À vos débuts, quelles ont été les principales difficultés et comment avez-vous réussi à convaincre les premiers membres de vous faire confiance ?
Nous partions de zéro : pas de moyens, pas de locaux, pas de relais institutionnels. Nous faisions aussi face à un scepticisme légitime, celui de « l’association de plus » qui promet beaucoup et disparaît au bout d’un an. Et nous nous adressions à des cadres et à des chefs d’entreprise dont le temps est la ressource la plus rare.
Nous n’avons pas convaincu par des discours, mais par la preuve. Chaque rencontre se tenait à la date annoncée. Chaque mise en relation était suivie jusqu’au bout. Chaque engagement pris était tenu. Mon parcours de chef de projet m’a appris que la confiance ne se décrète pas, elle se démontre, et qu’elle se gagne par la régularité, pas par l’éloquence.
Une phrase m’accompagne depuis le premier jour : « L’effort est humain, le résultat est divin. » Nous avons fait notre part avec constance, et les membres sont venus, d’abord par dizaines, puis par centaines.
Aujourd’hui, qui compose RISCE ? Quels profils retrouve-t-on dans ce réseau, dans quels secteurs travaillent ses membres et qu’est-ce qui les rassemble au-delà de leur parcours professionnel et de leur pays de résidence ?
En moins de trois ans, le RISCE a fédéré plus de 500 cadres et entrepreneurs sur quatre continents. On y trouve des ingénieurs, des experts de la finance et du conseil, des avocats, des professionnels de la santé, du numérique et de l’énergie, des chefs d’entreprise et des étudiants qui seront les décideurs de demain. Les femmes y occupent une place centrale : elles sont des moteurs du réseau, pas des invitées.
Ce qui les rassemble va bien au-delà du CV. C’est d’abord le Faateli, la mémoire et la gratitude envers ceux qui nous ont précédés : ces pères et ces mères qui ont fait le sacrifice du départ pour que nous ayons le privilège du choix. Ce sont ensuite quatre valeurs que nous portons comme une boussole : l’entraide, l’engagement, l’impact et le don de soi.
Que l’on vive à Paris, Berlin, Montréal ou Dakar, nous partageons une conviction : notre réussite n’a de sens que si elle sert au-delà de nous-mêmes.
RISCE semble miser sur la qualité des profils et l’engagement de ses membres. Quels critères privilégiez-vous pour intégrer le réseau ? Comment veillez-vous à ce que cette exigence reste une force d’ouverture, plutôt qu’une barrière pour d’autres talents sénégalais ?
Notre exigence porte sur l’engagement, pas sur le titre. Un diplôme prestigieux ne suffit pas pour entrer au RISCE, et ne pas en avoir n’interdit pas d’y entrer. Ce que nous demandons, c’est la volonté de contribuer : partager son réseau, donner de son temps, tendre la main à celui qui vient après.
Pour que cette exigence reste une force d’ouverture, nous avons fait de l’inclusion un principe d’action, pas un slogan. La RISCE Academy permet aux experts de la diaspora de transmettre gratuitement leur savoir à ceux qui démarrent. Notre partenariat avec Women in Tech porte la voix des femmes dans l’entrepreneuriat et le numérique. Et avec AYOS Solution, des professionnels sénégalais de l’hôtellerie-restauration suivent un stage immersif de six mois à Paris avant de rentrer exercer au pays.
Chez nous, l’exigence ne consiste pas à fermer la porte, mais à tirer les autres vers le haut. Un réseau qui ne s’ouvre pas finit par devenir un club, et le Sénégal n’a pas besoin d’un club de plus.
Au-delà des rencontres et des ambitions affichées, ce sont les résultats qui permettent de mesurer l’utilité d’un réseau. Pouvez-vous nous raconter une initiative, un accompagnement ou un projet concret dans lequel RISCE a joué un rôle déterminant ?
Vous avez raison : un réseau se juge à ses résultats, pas à ses photos de soirée.
Je pense d’abord au Forum PRICE, le premier forum consacré à l’investissement et à la compétitivité économique du Sénégal. Il s’est tenu les 29 et 30 avril 2026 à la Mairie du 15e arrondissement de Paris, sous l’égide de l’Ambassade du Sénégal, avec nos partenaires Espace Jappo et le Collectif Diaspora Debout. Sur deux jours, il a réuni entre 600 et 700 participants et une douzaine d’exposants autour d’une question décisive : comment la diaspora peut-elle participer au financement des projets de l’État ? Pour la première fois, la diaspora n’était pas dans la salle en simple spectatrice : elle était à la table, en partenaire.
Je pense aussi à Diaspora Connect’In, notre rendez-vous phare, dont la dernière édition s’est tenue le 19 septembre 2026 sur le thème « La diaspora en action : entreprendre et investir au Sénégal ». Des membres du gouvernement, des élus, des dirigeants, des entrepreneurs, des étudiants et des autorités religieuses et coutumières s’y sont retrouvés dans la même salle et autour d’un même cap.
Mais les résultats qui me touchent le plus sont souvent les plus discrets. Un porteur de projet agricole a trouvé chez nous l’investisseur qu’il cherchait depuis longtemps. Une jeune entrepreneuse est repartie de Dakar avec un partenariat qu’elle poursuivait depuis deux ans à Paris. Nous avons aussi contribué à la réfection d’écoles et d’hôpitaux, mis en place un dispositif d’avocats sénégalais qui accompagnent la communauté pro bono et constitué un pool d’experts indépendants en économie, social, environnement et développement.
Ce ne sont pas des statistiques, ce sont des trajectoires qui ont changé de cap.
Tout engagement comporte aussi ses difficultés. Depuis la création de RISCE, quelle épreuve ou quelle déception vous a le plus marqué ? Avec le recul, qu’avez-vous appris de cette expérience pour faire évoluer le réseau ?
La plus dure a été de voir des projets portés avec beaucoup d’enthousiasme s’éteindre faute de suivi. Il y a eu des promesses faites dans l’émotion d’une soirée et jamais tenues, et des bénévoles formidables qui s’épuisent parce que tout repose sur les mêmes épaules. C’est une douleur silencieuse, que connaissent tous ceux qui s’engagent.
Avec le recul, j’en ai tiré une leçon d’ingénieur : la bonne volonté est un carburant, pas un moteur. Sans organisation, elle se consume. Nous avons donc structuré le réseau en pôles, avec des responsables, des objectifs, des indicateurs et un suivi. C’est exactement mon rôle de liant : faire en sorte que l’élan ne se perde jamais entre l’intention et l’action.
Une déception ne doit pas nous rendre amers. Elle doit nous rendre plus solides.
De nombreux Sénégalais établis à l’étranger souhaitent contribuer au développement de leur pays, mais hésitent encore à investir, à rentrer ou à mettre leur expertise au service de projets locaux. Selon vous, quels sont les principaux obstacles et comment peut-on transformer cette volonté en engagements durables ?
Le premier obstacle a un nom : la confiance. Combien d’entre nous ont été échaudés ? Un terrain vendu deux fois, un chantier qui n’avance pas, un intermédiaire peu scrupuleux. Viennent ensuite le manque d’information fiable, la complexité administrative, l’accès au financement et, pour ceux qui veulent rentrer, la réintégration professionnelle.
Le potentiel, lui, est immense. L’État s’est fixé pour objectif de porter l’investissement de la diaspora à l’équivalent de 4 % du PIB et de mobiliser son épargne financière à hauteur de 5 % du PIB. Pour l’atteindre, il faut des opportunités vérifiées, structurées et sécurisées, et non plus des affaires négociées à la sauvette entre un cousin pressé et un vendeur trop malin.
Il faut aussi sortir du « tout ou rien ». On peut servir son pays sans tout quitter : une mission d’expertise de quelques semaines, du mentorat, un investissement collectif. J’aime parler d’une « zakat du temps ». De la même manière qu’on partage une part de ses biens, chacun peut offrir une part de son temps et de son savoir au pays. C’est tout le sens du salon de l’immobilier et de l’investissement que nous préparons au Sénégal : mettre la diaspora face à des projets fiables, analysés par des experts.
On parle beaucoup du « retour au pays ». Quelle est votre vision de ce que devrait être un retour réussi, à la fois pour celui qui rentre et pour le Sénégal ?
J’ai une conviction qui dérange parfois, mais que j’assume : le retour ne doit pas être un réflexe émotionnel, il doit être un choix stratégique.
Souvenons-nous de notre départ. Quand nous avons quitté le Sénégal pour étudier en France, nous avons été sélectionnés. Il a fallu des dossiers, des concours, des mentions et des visas. Personne ne partait par hasard : le pays envoyait, en quelque sorte, ses meilleurs éclaireurs. De la même manière que nous avons été sélectionnés à l’aller, le retour doit être pensé, choisi et organisé.
Cela veut dire deux choses. D’abord, positionner ceux qui rentrent sur les compétences qui n’existent pas encore au Sénégal : l’ingénierie des grandes infrastructures, la cybersécurité, l’énergie, la finance structurée, l’industrie, les technologies critiques. Ensuite, et c’est essentiel, ne jamais entrer en compétition avec les compétences locales. Celui qui revient pour prendre la place d’un jeune diplômé de Dakar ou de Saint-Louis ne sert pas son pays, il le dessert. Le retour doit additionner, jamais soustraire.
Enfin, il faut privilégier ceux qui créent de la valeur : ceux qui investissent, qui ouvrent des entreprises, qui transfèrent des savoir-faire et, surtout, qui créent de l’emploi. Un ingénieur qui rentre seul occupe un poste. Un entrepreneur qui rentre avec un projet en crée dix, cinquante, cent. C’est cette diaspora-là que le Sénégal doit attirer en priorité, accompagner et protéger.
Le meilleur retour n’est pas celui de quelqu’un qui vient chercher sa place. C’est celui de quelqu’un qui vient en créer pour les autres.
Quel dialogue entretenez-vous avec les autorités sénégalaises, les entreprises et les institutions ? Quelles mesures concrètes attendez-vous d’eux pour permettre aux compétences de la diaspora de participer davantage au développement du Sénégal ?
Nous entretenons un dialogue constructif, régulier et exigeant. Je siège au comité de promotion des investissements de l’Ambassade du Sénégal en France, avec laquelle nous avons co-organisé le Forum PRICE. Nos événements accueillent des ministres, des élus et des dirigeants d’entreprise. Nous ne venons pas demander, nous venons proposer.
Nos attentes sont concrètes. Nous demandons d’abord un guichet unique pour la diaspora investisseuse, avec un interlocuteur, un délai et une réponse. Nous avons besoin de mécanismes de financement et de garantie adaptés à nos projets, et d’une sécurisation renforcée du foncier, qui reste la première source de défiance. Nous plaidons aussi pour des missions d’expertise de courte durée, qui permettent de mobiliser nos compétences sans exiger un retour définitif. Enfin, la diaspora doit être associée en amont des politiques publiques, et pas seulement au moment de l’investissement.
À travers WIDU.africa, je vois comment l’Allemagne investit pour accompagner les entrepreneurs de la diaspora africaine. Si d’autres pays parient sur nous, le Sénégal doit être le premier à miser sur ses propres enfants.
Vous avez récemment pris la parole à Bruxelles, lors du lancement de la Chambre de commerce et d’investissement Sénégal-Europe, face à des investisseurs. Quel message leur avez-vous adressé ?
C’était un moment fort. Dans une salle remplie d’investisseurs européens, au cœur de la capitale de l’Union, on parlait d’opportunités, de risques et de partenariats avec le Sénégal. J’ai voulu leur rappeler une évidence que l’on oublie trop souvent : le pont entre l’Europe et le Sénégal existe déjà. Il s’appelle la diaspora.
Ce pont est économique avant d’être symbolique. Chaque année, il fait circuler plus de 2 200 milliards de francs CFA de transferts. Il est fait d’ingénieurs formés dans les grandes écoles européennes, de cadres dans les groupes du CAC 40 et du DAX, d’entrepreneurs qui maîtrisent à la fois les normes européennes et les réalités du terrain sénégalais. Nous parlons les deux langues des affaires : celle de Bruxelles et celle de Dakar.
Mon message aux investisseurs était donc simple : vous n’avez pas besoin de construire ce pont, il vous suffit de le traverser. Pour un investisseur européen, s’appuyer sur la diaspora, c’est réduire le risque, gagner du temps et trouver des partenaires de confiance qui connaissent les deux rives. Nous ne sommes pas des intermédiaires, nous sommes des passerelles.
C’est aussi le rôle que je veux faire jouer au RISCE : être la porte d’entrée naturelle pour tous ceux qui veulent investir au Sénégal avec sérieux et dans la durée.
Pour conclure, quelle ambition souhaitez-vous donner à RISCE dans les cinq prochaines années ? Et quel message adressez-vous aux jeunes cadres, aux entrepreneurs et aux talents sénégalais de l’étranger qui ne savent pas encore comment mettre leurs compétences au service de leur pays ?
Mon ambition est claire : faire du RISCE le pont naturel entre le capital de la diaspora et les opportunités réelles du Sénégal, que ce capital soit financier, humain ou intellectuel. Pour y arriver, nous allons étendre notre présence dans le monde, faire de la RISCE Academy une véritable école de transmission et franchir un cap continental avec le SACED 2027, le Sommet Africain des Cadres et Entrepreneurs de la Diaspora. Nos quatre piliers restent notre feuille de route : promouvoir, sécuriser, dénoncer, épauler.
Aux jeunes cadres, aux entrepreneurs et aux talents de l’étranger, je dis ceci : vos parents ont fait le sacrifice du départ, votre génération a le privilège du choix. N’attendez pas d’être prêts, ni d’avoir tout réussi, pour vous engager. Commencez petit, mais commencez. Donnez une heure, un contact, un conseil. Le pays n’a pas besoin que vous soyez parfaits, il a besoin que vous soyez présents.
Seuls, nous sommes des individualités brillantes. Ensemble, nous sommes une force. Et cette force, nous cessons aujourd’hui de nous en excuser.
Entretien réalisé par Malick Sakho