Samedi 22 août 2026, l’Espace Vau Gaillard de Bruz a vibré au rythme d’un événement inédit. La première édition du Forum de l’Investissement en Afrique, le FIA, a réuni pendant près de neuf heures porteurs de projets, entrepreneurs, investisseurs et représentants associatifs venus donner corps à une ambition commune, celle de faire de la diaspora un moteur concret du développement africain. Organisé par Diaspora 2.0, le Mouvement Panafricain Leaders et Mwafrika, ce forum s’est imposé d’emblée comme un rendez-vous à retenir dans le calendrier des initiatives économiques panafricaines en France.
Le thème choisi pour cette édition inaugurale donnait le ton : « Les opportunités d’investissement en Afrique, innover, entreprendre et construire l’avenir ». Un mot d’ordre qui a trouvé un écho particulier auprès d’un public venu de bien plus loin que la seule Bretagne. Des délégations avaient en effet fait le déplacement depuis l’Italie et depuis Paris, preuve que l’événement a su, dès sa première édition, dépasser les frontières régionales pour attirer une diaspora mobilisée aux quatre coins de l’Europe. Cette dimension internationale a nourri des échanges d’une richesse rare, où se sont croisés parcours entrepreneuriaux, expériences d’investissement et visions du développement africain forgées dans des contextes très différents.
Dès l’ouverture officielle, le ton était donné : ce forum ne serait pas une simple vitrine, mais un espace de travail concret. La matinée a été rythmée par une première session de pitchs, où six porteurs de projets ont disposé chacun de huit minutes pour convaincre un public averti de la pertinence de leurs initiatives. Un exercice exigeant, qui a permis de mesurer la diversité et la maturité des projets présentés, entre innovation, entrepreneuriat et infrastructures, les axes mêmes affichés par le forum.
Ce premier temps fort a été suivi d’un panel consacré à l’investissement et à l’entrepreneuriat en Afrique, animé par Ide Rosine Deumaga, qui a interrogé les logiques de partenariat entre la diaspora et le continent ainsi que les conditions d’accès au marché africain pour des entrepreneurs installés en Europe. L’après-midi a marqué un tournant dans le format de la journée, avec l’installation d’un espace dédié aux rencontres B2B.
Seize participants inscrits se sont répartis sur trois tables pour dix-huit rendez-vous de vingt minutes chacun, un dispositif pensé pour transformer l’intérêt suscité par les pitchs et les échanges de la matinée en contacts d’affaires réels. C’est sans doute là que s’est jouée une partie de l’essentiel du forum, loin des estrades et des micros, dans ces face-à-face où se négocient les premières bases de futurs partenariats.
Une seconde session de pitchs a ensuite permis à cinq nouveaux porteurs de projets de présenter leurs initiatives, avant un ultime panel consacré aux obstacles et aux clés de réussite de l’investissement en Afrique, animé par Ibrahima Badji. Entre les difficultés bien connues d’accès au financement, les enjeux de confiance entre diaspora et acteurs locaux, et les opportunités que representent des secteurs comme les infrastructures ou le développement durable, ce dernier temps d’échange a offert une synthèse lucide des défis qui attendent encore les investisseurs de la diaspora.
La journée s’est refermée sur une restitution des rencontres et des annonces tournées vers l’avenir, avant une clôture officielle marquée par les remerciements d’usage et une photo collective réunissant l’ensemble des participants. Au-delà des chiffres et du programme minuté, c’est bien l’esprit de cette première édition qui restera : celui d’une diaspora venue d’Italie, de Paris et d’ailleurs, rassemblée à Bruz autour d’une conviction partagée, celle qu’investir en Afrique aujourd’hui, c’est construire l’Afrique de demain, ensemble.
Malick Sakho