09 - Septembre - 2026

À l’occasion de la 18ᵉ édition de sa tournée européenne, le Khalife général de Bambilor, par ailleurs Ambassadeur de la Paix, a été reçu avec les honneurs à la Mairie de Lodi en Italie. Devant un parterre d’autorités municipales, de diplomates et de la diaspora, le guide religieux a délivré un plaidoyer magistral pour un dialogue interreligieux permanent, érigeant la foi en outil de médiation face aux fractures de notre époque, des crises migratoires à l'intelligence artificielle.

Reçu avec les honneurs de la République italienne, le Khalife général de Bambilor a transformé l'hôtel de ville de Lodi en une tribune internationale. Des flux migratoires aux dérives éthiques de l'Intelligence Artificielle, le leader sénégalais a démontré comment l'autorité morale peut désamorcer les crises là où la politique traditionnelle s'essouffle.

Une diplomatie de l'esprit pour compléter celle des États. C'est le sens fort qu'il faut donner à la rencontre de haut niveau qui s'est tenue récemment à la Mairie de Lodi. Accueilli chaleureusement par le Maire de la commune, le Président du Conseil municipal et plusieurs figures de la diaspora africaine, le Khalife général de Bambilor, Président de l’ONG Fawzi Wannejati, y a porté la voix d'un Sénégal adepte du vivre-ensemble.

Cette escale italienne, initiée grâce à l'engagement notable de Monsieur Marco Barreto, s'est transformée en une tribune internationale sur le rôle contemporain des leaders spirituels dans la prévention des conflits.

Le dialogue permanent comme arme de prévention

Prenant la parole dans ce cadre solennel, le Khalife a d'emblée posé un diagnostic lucide sur notre monde globalisé, paradoxalement plus connecté mais de plus en plus divisé. Face au risque d’instrumentalisation du fait religieux à des fins de confrontation, le guide sénégalais a rappelé une vérité universelle : « Avant nos différences de religion, de culture ou d’origine, nous appartenons tous à une même humanité».

Pour l'Ambassadeur de la Paix, le dialogue ne consiste pas à gommer les identités, mais à désamorcer les préjugés par la connaissance mutuelle. Insistant sur l'aspect politique de la démarche, le Khalife a martelé que ce dialogue ne doit pas être une réaction d'urgence : « Il ne doit pas intervenir uniquement lorsque survient une crise. Il doit être permanent. Il doit être une véritable politique de prévention».

De la parole à l’action : le rôle pivot des autorités morales

Passant du concept de simple dialogue à celui, plus stratégique, de diplomatie religieuse, l'accent a été mis sur la capacité des leaders spirituels à mobiliser leur autorité morale pour faciliter la médiation. Cette approche, qui fera l'objet d'approfondissements lors du prochain Colloque international sur la diplomatie religieuse, ne cherche pas à supplanter les canaux officiels des États, mais à les compléter par la force de la confiance et du lien social.

À Lodi, la preuve a été faite que les institutions religieuses et municipales peuvent collaborer pour bâtir des passerelles solides entre les cultures et les peuples.

Face aux défis du siècle : Migrations, Climat et IA

L'originalité du discours du Khalife a résidé dans sa capacité à connecter la spiritualité aux grands défis séculaires de notre siècle. Sur la question migratoire, il a souligné le rôle crucial des communautés religieuses pour faciliter l’intégration et apaiser les tensions. Face à l’urgence environnementale, il a convoqué l'éthique de la responsabilité envers les générations futures.

Plus surprenant mais hautement stratégique, le leader religieux s'est invité dans le débat sur les nouvelles technologies : « L’intelligence artificielle soulève des questions fondamentales. Tout ce qui est techniquement possible est-il nécessairement humainement souhaitable ? », s'est-il interrogé, replaçant la dignité humaine au centre du progrès technique.

En refermant cette page italienne, de Lodi à Bambilor, le message reste unique et universel : la paix n'est pas un vœu pieux, mais une co-responsabilité qui s'écrit chaque jour sur le terrain de la diplomatie humaine.

Aly Saleh

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