DPG : la culture reléguée au second plan, la déception d’un acteur culturel lougatois.( Ndiawar Seck)

09 - Septembre - 2026

Voir Ahmadou Al Aminou Lô, un fils de Louga terre historique de culture, de grands intellectuels, de poètes et de foyers artistiques majeurs au Sénégal, reléguer la culture au second plan de sa Déclaration de politique générale (DPG) du 8 septembre 2026, suscite une profonde déception chez les acteurs du secteur.

Ce décalage s'explique par plusieurs facteurs structurels et politiques :
1. La déformation professionnelle d'un pur technocrate:
Al Aminou Lô n'est pas un homme politique de terrain, mais un économiste et ancien haut fonctionnaire de la BCEAO. Sa grille de lecture du développement est essentiellement comptable, financière et macroéconomique.


2. Face à une crise budgétaire aiguë, à la gestion de la dette et aux négociations avec le FMI, sa priorité absolue a été de rassurer les marchés financiers et de restructurer les finances publiques. Pour un banquier central de formation, les investissements prioritaires sont quantifiables à court terme (infrastructures, énergie, fiscalité). La culture, bien qu'étant une industrie, souffre d'un manque de données statistiques standardisées au Sénégal, ce qui la rend invisible dans les tableurs des technocrates de la Primature.
Le piège des "grands projets" physiques au détriment de l’humain. Dans sa DPG, le Premier ministre a insisté sur des projets dits « catalytiques », comme le Dakar Millenium Center à Ouakam.
Le gouvernement conçoit la culture à travers le prisme du BTP et des infrastructures d'accueil, pensant que construire des bâtiments modernes suffit à développer le secteur. Les acteurs culturels, eux, attendent des réformes sur le statut de l'artiste, des fonds de roulement, la protection des droits d'auteur, et des subventions à la création. L'économie de la culture a été réduite à une simple dimension immobilière et touristique.

3. La déconnexion avec l'héritage de Louga


Louga a vu naître et grandir des figures culturelles mondiales et des traditions artistiques qui ont façonné l'identité sénégalaise. Qu'un natif de cette région n'utilise pas la DPG comme une tribune pour sanctuariser les Industries Culturelles et Créatives (ICC) démontre une rupture
4: Une vision centralisatrice : Les politiques culturelles restent pensées depuis Dakar, ignorant le potentiel de décentralisation des industries créatives dans les régions comme Louga.
En ignorant le poids économique de la culture qui crée pourtant des milliers d'emplois directs pour la jeunesse et génère de la valeur immatérielle, Al Aminou Lô commet une erreur stratégique majeure. Il traite comme un luxe ou un folklore ce qui constitue, partout dans le monde, un pilier du PIB et le soft power d'une nation.

Ndiawar Seck Acteur culturel lougatois

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