À l’approche de l’échéance des mandats des conseillers municipaux et départementaux élus en janvier 2022, la question de la fixation de la date des prochaines élections territoriales s’installe au cœur du débat politique. Le Professeur Cheikh Thiaw, responsable politique de PASTEF à Kaolack, appelle les autorités à clarifier le calendrier électoral et à préserver les principes républicains.
Le débat sur les prochaines élections territoriales ne doit pas, selon le Professeur Cheikh Thiaw, être noyé dans les controverses politiques et économiques du moment. Pour le responsable politique de PASTEF, l’enjeu principal demeure la clarification du calendrier électoral et la fixation de la date du prochain scrutin.
Dans une prise de position consacrée à cette question, il invite les acteurs politiques à revenir à ce qu’il considère comme « l’essentiel » : le respect du calendrier républicain et le droit des citoyens à choisir leurs représentants locaux.
La question du décret au centre du débat
Le Professeur Cheikh Thiaw rappelle que les conseillers municipaux et départementaux issus des élections territoriales du 23 janvier 2022 arrivent au terme de leur mandat en janvier 2027.
Il relève également que le débat sur le déclenchement du processus électoral est désormais public et que PASTEF a lui-même appelé à l’ouverture du processus.
Dans ce contexte, il évoque la décision rendue par la Cour suprême le 27 août 2026, concernant une requête relative à la fixation de la date des élections territoriales. Selon lui, cette décision, fondée notamment sur l’absence d’un acte administratif déjà pris, renforce la nécessité d’une clarification de la part des autorités compétentes.
D’où son interpellation : quand le décret fixant la date des élections territoriales sera-t-il pris ?
Pour le responsable politique, cette question dépasse les considérations partisanes. Elle touche directement au fonctionnement normal des institutions et à la prévisibilité du calendrier électoral.
Des interrogations sur les motivations du pouvoir
Dans sa déclaration, Cheikh Thiaw pose également une question d’ordre politique. Il s’interroge sur les raisons pouvant expliquer l’absence, à ce stade, du décret fixant la date du scrutin.
Il évoque notamment l’hypothèse selon laquelle le pouvoir pourrait vouloir disposer de davantage de temps pour préparer et structurer KIIRAAY, nouvelle formation politique associée au Président Bassirou Diomaye Diakhar Faye.
Cette interrogation, souligne-t-il, appelle une réponse claire afin d’écarter toute suspicion et de garantir la confiance des citoyens dans le processus électoral.
« Les élections ne sont pas une faveur »
Pour Cheikh Thiaw, les élections territoriales constituent un élément essentiel de la démocratie locale.
Les élections municipales et départementales, rappelle-t-il, ne peuvent être considérées comme une faveur accordée aux populations par l’exécutif. Elles constituent un mécanisme institutionnel permettant aux citoyens d’exercer leur souveraineté et de désigner leurs représentants au niveau local.
Le responsable politique appelle ainsi à éviter les amalgames, les invectives et les affrontements politiques stériles.
À ses yeux, le véritable enjeu est celui du respect des règles électorales et de la volonté populaire.
Décentralisation : la réforme ne doit pas retarder le scrutin
Le Professeur Cheikh Thiaw aborde également la question de la réforme de la décentralisation.
Il reconnaît la nécessité de réfléchir à l’évolution de l’organisation territoriale du Sénégal et à la gouvernance des territoires. Mais il demande au ministre chargé du secteur, Monsieur Fofana, de faire le point sur l’état d’avancement de cette réforme.
Il met surtout en garde contre une éventuelle utilisation de la réforme, notamment à travers un projet d’« Acte IV de la décentralisation », pour justifier un report des élections.
Selon lui, une réforme institutionnelle ne saurait, à elle seule, justifier la création d’un vide électoral ou la prolongation de mandats arrivés à leur terme.
Un éventuel report doit être juridiquement encadré
Cheikh Thiaw n’exclut pas qu’un report puisse être envisagé si des raisons objectives, liées notamment à une réforme institutionnelle ou à l’organisation matérielle du scrutin, le rendent nécessaire.
Mais, insiste-t-il, toute modification de l’échéance électorale devrait intervenir dans le strict respect de la Constitution, du Code électoral et des procédures prévues par la loi.
Pour lui, la démocratie sénégalaise a besoin de visibilité, de stabilité et de prévisibilité. Le calendrier électoral ne devrait pas donner le sentiment d’être soumis aux circonstances ou aux intérêts politiques du moment.
« Le calendrier électoral appartient à la République »
À travers cette prise de position, le Professeur Cheikh Thiaw invite donc les autorités à clarifier rapidement la situation et à engager le processus électoral conformément aux règles en vigueur.
Il estime que la rupture institutionnelle et politique portée par le projet de PASTEF doit également se traduire par une exigence de respect des principes démocratiques.
« Le pouvoir appartient au peuple. Le calendrier électoral appartient à la République. Et la République doit rester au-dessus des contingences politiques », soutient-il.
À quelques mois de l’échéance des mandats issus du scrutin de janvier 2022, cette sortie du responsable politique de PASTEF relance ainsi le débat sur la préparation des prochaines élections territoriales et sur la nécessité de clarifier, dans les meilleurs délais, leur calendrier.
Professeur Cheikh THIAW
Responsable politique PASTEF – Kaolack
Professeur titulaire des Universités
Vice-Recteur de l’USSEIN