Le 31 juillet, ils et elles n'étaient plus que huit candidats à rêver d'être La voix 2026 de l'Afrique francophone à l'issue de la finale du 14 août. Parmi ces talents de très haut niveau, un griot de Haute-Guinée pour qui l'aventure de The Voice est une véritable révélation. La semaine dernière, Ansou Blacky était l'invité à Dakar du célèbre journaliste sénégalais Alioune Badaré Mané pour un plateau TV qui marque un vrai tournant.
The Voice réunit une très large audience et permet à de nombreux artistes de se créer un nom et une carrière musicale. Celle de The Voice Afrique est étonnamment beaucoup plus limitée, mais suscite néanmoins un vif intérêt. La qualité incontestable du programme et sa popularité croissante confortent les dynamiques à l’œuvre à l'échelle du continent pour promouvoir la créativité musicale malgré l'accès compliqué aux moyens de production. C'est un atout non négligeable pour faire coïncider les intérêts économiques d'un média privé et ceux d'un écosystème artistique et culturel en pleine effervescence.
L'émission a le mérite de mettre en valeur le répertoire d'icônes comme Youssou N' Dour, Amadou et Mariam, Angélique Kidjo, Bob Marley, ainsi que la musicalité des langues africaines. Elle offre aussi de découvrir quelles nouvelles étoiles de la scène internationale inspirent ces talents que The Voice Afrique accompagnent avec une visibilité exceptionnelle. Sans surprise, la toute jeune Théodora, 22 ans, fait partie des références, au même titre que la chanteuse anglaise Adèle.
Les liens que tissent les coachs avec leurs équipes et le niveau d'excellence attendu participent à mettre les candidats en confiance et au top de leur potentiel, malgré le stress et l'enjeu de la compétition. Chacune et chacun donne le meilleur en quelques minutes avec à l'esprit une réalité implacable. Leur prestation télévisée peut être la dernière.
Bien sûr la performance vocale et scénique est au cœur du concept, mais il est tout aussi crucial d'affirmer sa personnalité, sa sensibilité, une aisance non feinte. C'est la présence et l'émotion qui gagnent le cœur du public, qu'il soit autour des fauteuils rouges ou derrière l'écran. Autre atout important, chaque candidat se familiarise avec le plateau, les mouvements de caméra, les éclairages de scène, la gestion technique du son et le contact avec un environnement professionnel.
Mais avant d'être seul en scène dans la lumière, il faut déjà sortir du lot des 2000 à 2500 voix qui participent chaque année au casting pour n'en garder que 70. Faire partie de cette pré-sélection est déjà une motivation pour se surpasser et créer sa chance. Celles et ceux qui ont dû à regret quitter l'aventure, comme Ansou Blacky, demi-finaliste, savent que l'audience de The Voice Afrique est un vrai booster.
Ansou Blacky s'est qualifié lors d'une battle avec le superbe titre mondial de Youssou N'Dour et Néneh Cherry, 7 seconds away avant d'interpréter dans un registre très différent un autre morceau phare du répertoire « I feel good » de James Brown, décédé il y a 20 ans. C'est avec le célèbre titre de Isamel Lô, « Jumma » qu'il a fait se retourner un des quatre fauteuils rouges. Celui de la chanteuse ivoirienne, Josey.
« J'ai participé à The Voice car je voulais pouvoir me situer en tant qu'artiste, voir le niveau demandé, me surpasser dans un registre auquel je ne m'étais jamais confronté. S'approprier un titre imposé en moins d'une semaine demande un vrai travail et une forme de lâcher prise pour aborder la nouveauté. »
Ansou Blacky a apprécié de découvrir l'étendue des capacités vocales des autres candidats. Il a appris de chaque situation et écouté attentivement les recommandations de Josey. Beaucoup de talents dans cette équipe aurait pu prétendre à cette place en demi-finale. Ansou Blacky a su convaincre avec élégance. Sa grâce et son humilité naturelles ont fait le reste. Le griot s'est senti porté par toutes les voix qui l'ont accompagné jusqu'à ce moment de vie exceptionnel.
Propos recueillis par Françoise Ramel