Ce 30 mars 2026, au Vatican, une étape significative a été franchie dans le renforcement du dialogue interreligieux avec la signature d’un mémorandum d’entente entre le Dicastère pour le Dialogue interreligieux et Thierno Amadou Ba, président de l’ONG Fawzi Wanadiaty (FWN).
Cet accord, conclu au siège du Dicastère, a été signé au nom du Saint-Siège par son préfet, le cardinal George Jacob Koovakad. Il marque l’aboutissement d’un processus de concertation engagé depuis plusieurs mois, fondé sur la confiance, le dialogue et une volonté commune d’agir pour la paix.
Un partenariat structurant au service de la paix
Plus qu’un simple document administratif, ce mémorandum consacre un partenariat stratégique visant à promouvoir la diplomatie religieuse et à renforcer le dialogue entre les traditions spirituelles.
Dans son intervention, Thierno Amadou Ba a souligné que cette coopération repose sur trois piliers essentiels : une dimension humaine, centrée sur la rencontre et la fraternité ; une dimension sociale, orientée vers des actions concrètes en faveur de l’éducation, de la solidarité et de l’inclusion ; et enfin une dimension académique, dédiée à la recherche et à la formation sur les enjeux du dialogue interreligieux.
Le modèle sénégalais comme référence
Présent lors de la cérémonie, l’ambassadeur du Sénégal près le Saint-Siège, Isidor Marcel Sène, a salué une initiative porteuse d’espoir. Il a mis en avant le modèle sénégalais de coexistence pacifique entre religions, souvent cité comme exemple de « vivre-ensemble » fondé sur la tolérance, la solidarité et le respect mutuel.
Selon lui, cet accord vise à faire rayonner cette expérience au-delà des frontières nationales, en structurant une coopération capable d’apporter des réponses concrètes aux défis contemporains, notamment en matière de cohésion sociale, de migration et de développement.
Des axes de coopération clairement définis
Le cardinal George Jacob Koovakad a, pour sa part, détaillé les principales orientations de ce partenariat, conclu pour une durée de cinq ans.
Parmi les priorités figurent l’organisation de colloques internationaux sur le dialogue interreligieux et la diplomatie religieuse, la création d’une Maison internationale de la diplomatie religieuse à Bambilor, ainsi que la mise en œuvre d’initiatives dédiées aux migrations et aux diasporas africaines.
Ces actions s’inscrivent dans la continuité de la vision portée par l’Église catholique depuis la déclaration Nostra Aetate, qui encourage le respect, la compréhension mutuelle et la coopération entre les religions.
Une réponse aux défis contemporains
Dans un contexte international marqué par les tensions identitaires et les crises sociales, les différents intervenants ont insisté sur le rôle central que peuvent jouer les religions dans la prévention des conflits et la consolidation de la paix.
L’ONG FWN, déjà engagée dans des initiatives liées à la formation des jeunes, à la migration, à l’autonomisation des femmes et à l’action sociale, voit dans ce partenariat une opportunité de renforcer son impact et d’élargir son champ d’action à l’échelle internationale.
Une ambition commune
Au-delà de sa portée institutionnelle, cet accord traduit une ambition partagée : faire des religions des acteurs de rapprochement plutôt que de division.
En unissant leurs efforts, le Dicastère pour le Dialogue interreligieux et Thierno Amadou Ba posent les bases d’une coopération durable, fondée sur le respect, la confiance et la responsabilité commune.
Dans un monde en quête de repères, cette initiative rappelle que la paix se construit aussi par le dialogue, la connaissance de l’autre et la volonté d’agir ensemble au service de l’humanité.
A.S