Natif de Louga, Ndiawar Seck est de ces figures dont le parcours se confond avec l’histoire contemporaine de la diaspora sénégalaise. Issu de la caste des griots, gardiens de la parole, de la musique et de la mémoire collective en Afrique de l’Ouest, il a hérité très tôt d’un rapport singulier à la voix, au récit et à la transmission. Un héritage qu’il n’a jamais figé dans la tradition, préférant l’inscrire dans le mouvement, l’action et l’ouverture au monde.
Technicien de projets de coopération internationale, Ndiawar Seck conjugue depuis plus de trente ans engagement professionnel, militantisme associatif et action culturelle. Son parcours est marqué par une constante : mettre la culture au service de la conscience, et la diaspora au cœur des dynamiques de transformation sociale.
Installé en Espagne, il est aujourd’hui président de la Fédération AAR SUÑU DIASPORA d’Espagne, une structure faîtière qui fédère les énergies sénégalaises autour des enjeux de citoyenneté, de développement et de représentation. Il est également président de la Commission chargée de la culture, de la jeunesse et du sport de la FSD (Fédération des Sénégalais de la Diaspora), un poste stratégique qui témoigne de la reconnaissance de son expertise et de son engagement de long terme.
Sur le terrain culturel, Ndiawar Seck s’impose comme un acteur central. Il est président de l’association Tiappathioly, un cadre d’expression et de valorisation des cultures africaines, et président de la Commission chargée des projets de l’AISE, où il œuvre à la conception et à la mise en œuvre d’initiatives structurantes pour les communautés de la diaspora.
À travers ces responsabilités, il défend une vision exigeante : une culture vivante, éducative, capable de dialoguer avec les sociétés d’accueil sans jamais renoncer à ses racines. Cette vision trouve une expression emblématique dans le Festival Ma Valise à Musique (FEMU), dont il est l’initiateur. Organisé à Madrid et au Sénégal, ce rendez-vous annuel mêle musique, pédagogie et création artistique. ensé comme un voyage à travers les sons et les émotions, FEMU propose spectacles, rencontres et ateliers accessibles à tous les publics. Plus qu’un événement culturel, le festival est un espace de transmission intergénérationnelle et de dialogue interculturel, où la musique devient un langage commun. Mais Ndiawar Seck ne se contente pas d’un rôle d’animateur culturel.
Sa parole est aussi politique, tranchante, profondément engagée. « L’Afrique n’a pas besoin d’aide, mais de liberté ; elle n’a pas besoin de travailleurs humanitaires, mais de présidents et de personnes qui y croient », affirme-t-il, dénonçant sans détour les logiques d’assistanat et les impasses de certaines politiques de développement. Une posture assumée, nourrie par des décennies d’observation et d’action au sein de la diaspora. Il est tout aussi ferme lorsqu’il aborde la question migratoire.
Pour lui, les drames de la migration irrégulière sont le symptôme d’un malaise plus profond. « On ne peut pas parler d’indépendance si nos jeunes meurent au fond de la mer en essayant de rejoindre l’Europe », rappelle-t-il, refusant l’indifférence face à ces tragédies humaines qui endeuillent chaque année le continent africain et sa diaspora.
Entre fidélité à ses racines lougatoises et engagement résolu dans l’espace diasporique, Ndiawar Seck incarne une génération de leaders culturels et associatifs qui ont fait de la parole un acte, et de l’action une forme de mémoire vivante. Une voix qui relie l’Afrique et sa diaspora, interroge les certitudes et trace, inlassablement, les contours d’un avenir plus conscient et plus libre.
Malick Sakho
Merci pour votre engagement à préserver notre identité culturelle. Je suis de principal collège à Louga. Je voudrais avec votre permission devenir membre du FEMU. Je vous tends ma main et reste à votre écoute.