Modiène Guissé nous a quittés, et avec lui, c'est un pan de la mémoire du Djoloff qui s'éteint.

10 - Septembre - 2026

Un fils du Djoloff, une vie de savoir
Il y a des hommes dont la disparition ne se mesure pas seulement en titres et en fonctions, mais en silences qui s'installent, en conseils qu'on n'entendra plus. Modiène Guissé était de ceux-là. Originaire du Djoloff, terre qui a vu naître tant de figures dont le pays s'honore, il portait en lui cette élégance discrète, ce sens de la mesure, que ses proches décrivent tous de la même voix : un homme d'écoute avant d'être un homme de pouvoir.
Sa trajectoire force le respect. Entré à la Banque Centrale des États de l'Afrique de l'Ouest à seulement 24 ans, il y a gravi les échelons jusqu'à en devenir Secrétaire général , une ascension rare, obtenue non par le bruit, mais par la rigueur et la compétence. Ceux qui l'ont côtoyé dans les couloirs de la BCEAO parlent d'un homme capable d'éclairer les débats économiques les plus complexes avec une clarté déconcertante, sans jamais chercher à en imposer.
Au service de l'État, sans jamais perdre son humilité
Après la BCEAO, il a poursuivi son engagement auprès de l'État sénégalais, notamment comme Directeur de cabinet du ministre Aly Ngouille Ndiaye, d'abord à l'Énergie, aux Industries et aux Mines, puis à l'Intérieur. Deux ministères stratégiques, deux terrains exigeants , et partout, le même sérieux, le même calme face aux dossiers difficiles. On ne lui connaissait pas d'éclats de voix. On lui connaissait une capacité à trancher sans jamais humilier, à conseiller sans jamais imposer.
C'est peut-être là que se niche l'essentiel de ce qu'il a légué : moins dans les fonctions occupées que dans la manière de les occuper. Plusieurs générations de jeunes cadres sénégalais, et particulièrement originaires du Djoloff, ont trouvé auprès de lui un mentor sans en porter le titre. Il recevait, il écoutait, il prenait le temps , qu'on soit un jeune fonctionnaire à ses débuts ou un ancien collègue de longue date. Cette disponibilité, dans un monde où les grands commis de l'État se rendent souvent inaccessibles, avait quelque chose d'exceptionnel.
Ce qu'il laisse au Djoloff, ce qu'il laisse au Sénégal
Pour sa communauté d'origine, Modiène Guissé était bien plus qu'une réussite individuelle à citer en exemple. Il incarnait une certaine idée de ce que le Djoloff pouvait offrir au pays : la preuve vivante qu'on pouvait gravir les plus hautes marches de l'administration et de la finance publique sans renier ni son terroir, ni sa simplicité. Pour le Sénégal, il laisse le souvenir d'un serviteur de l'État à l'ancienne, de ceux qui considéraient la fonction publique comme un engagement et non comme un tremplin.
Aujourd'hui, sa famille pleure un mari, un père, un frère. Le Djoloff pleure l'un de ses fils les plus accomplis. Et tous ceux qui, un jour, ont reçu de lui un conseil, une orientation, un mot juste au bon moment, gardent la certitude d'avoir croisé un homme rare.
Qu'il repose en paix. À son épouse, à ses enfants, à ses proches et à l'ensemble de la communauté du Djoloff, nos condoléances les plus sincères.
       malick sakho

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