Le Sénégal a gravé une nouvelle page glorieuse de son histoire footballistique en s’imposant en finale face au Maroc, au terme d’un affrontement intense, engagé et chargé d’émotions. Mais au-delà du score et du trophée, cette victoire symbolise avant tout l’aboutissement d’un projet profond, fondé sur l’unité nationale, l’ouverture au monde et la force du lien entre la patrie et sa diaspora.
Depuis des décennies, le football sénégalais s’est construit à la croisée des chemins. Une partie de ses talents a grandi loin du pays, formée dans d’autres écoles, sur d’autres pelouses, mais nourrie dès l’enfance par une identité transmise avec fierté. Ces joueurs, souvent qualifiés de binationaux, ont fait le choix du cœur. Ils ont répondu à l’appel du Sénégal non par obligation, mais par attachement, par mémoire et par héritage.
Derrière chacun de ces parcours se trouvent des parents. Des pères et des mères qui, malgré l’exil, n’ont jamais rompu le fil avec la terre natale. Ce sont eux qui ont parlé wolof, pulaar, sérère ou diola à la maison. Ce sont eux qui ont raconté le village, les valeurs, les luttes et les espoirs. Ce sont eux qui ont appris à leurs enfants que porter le maillot du Sénégal n’était pas un choix secondaire, mais un honneur.
La finale remportée face au Maroc a illustré cette transmission réussie. Sur le terrain, l’engagement, la discipline tactique, la solidarité et le sens du sacrifice ont été les marqueurs d’une équipe profondément connectée à une même vision. Une équipe où les trajectoires individuelles, parfois nées loin de Dakar, convergent vers un même objectif collectif : défendre le drapeau avec dignité.
Dans chaque intervention décisive, chaque course, chaque geste juste, on retrouvait l’éducation familiale, la rigueur apprise très tôt et le respect du collectif. Les parents ont été les premiers sélectionneurs, les premiers entraîneurs, les premiers psychologues. Ils ont accompagné les doutes, encouragé les choix difficiles et accepté parfois que leurs enfants représentent un pays qu’ils n’avaient pas vu grandir, mais qu’ils avaient appris à aimer.
Cette victoire rappelle avec force que la binationalité n’est ni une faiblesse ni une menace identitaire. Elle est une richesse. Elle est la preuve que le Sénégal dépasse ses frontières géographiques et vit dans le cœur de millions de ses fils et filles à travers le monde. Elle montre qu’une nation peut se renforcer en embrassant toutes ses composantes, sans distinction d’origine ou de parcours.
En remportant cette finale, le Sénégal n’a pas seulement gagné un match. Il a validé un modèle fondé sur l’inclusion, la transmission et la reconnaissance du rôle essentiel des familles de la diaspora. Cette victoire est celle d’un peuple uni, d’une vision assumée et d’une génération consciente de ce qu’elle doit à ses racines.
Plus qu’un trophée, c’est un hommage vivant rendu à toutes ces familles qui, dans l’ombre, ont bâti les fondations de ce succès historique.
Malick sakho