Cinq ressortissantes nigérianes, âgées de 20 à 39 ans, ont été interpellées à Ngor-Almadies par la Brigade des mœurs pour association de malfaiteurs, traite de personnes et proxénétisme. Selon le quotidien L’Observateur, elles exploitaient illégalement un prétendu salon de massage qui dissimulait en réalité une maison de passe.
D’après les éléments de l’enquête, l’établissement, ouvert sans autorisation, servait de couverture à un réseau clandestin. De jeunes femmes, recrutées au Nigeria sous de fausses promesses d’emploi, étaient contraintes à la prostitution dès leur arrivée à Dakar. L’affaire a été révélée grâce au numéro vert de la Police nationale. L’une des victimes a alerté les autorités en dénonçant la tenancière présumée. Une opération de géolocalisation a permis aux enquêteurs de localiser un appartement situé au quatrième étage d’un immeuble à Ngor.
Sur place, trois des suspectes ont été surprises en train de consommer du chanvre indien. La perquisition a mis au jour divers objets et produits liés à l’activité illicite : du chanvre indien conditionné en cornets, des préservatifs, des lubrifiants, des huiles de massage, des stimulants sexuels, des jouets sexuels ainsi que des gélules suspectes assimilées à de la cocaïne.
Les investigations ont également établi que la gestionnaire encaissait directement les revenus issus des passes imposées aux jeunes femmes exploitées.
Déférées au parquet, les mises en cause font désormais face à de lourdes charges : traite de personnes, proxénétisme, association de malfaiteurs, usage collectif de drogue et exercice illégal de la profession de masseuse. Une affaire qui relance le débat sur les réseaux de traite opérant sous couvert d’activités commerciales à Dakar.
Souleymane SOKHNA