À Paris, en marge de la première édition du Forum Price 2026, un moment d’une portée stratégique s’est discrètement imposé comme l’un des jalons majeurs d’une ambition industrielle portée par des acteurs engagés entre l’Afrique et l’Europe.
Dans une atmosphère empreinte de responsabilité et de projection vers l’avenir, Mamadou Faye, Directeur Général de la Banque Nationale de Développement Économique, Catherine Faure, consultante et architecte de projets structurants, Mayoro Mbaye, opérateur économique chevronné, et Bulgarelli, représentant de Caseitaly, ont procédé à la signature d’un mémorandum d’entente ouvrant la voie à la création d’un pôle industriel dédié à la production de matériaux et d’équipements de construction.
Ce geste, loin d’être protocolaire, s’inscrit dans une dynamique beaucoup plus profonde, celle d’une volonté affirmée de transformer structurellement les économies africaines en réduisant leur dépendance aux importations dans un secteur aussi stratégique que celui du bâtiment.
Le projet trouve un écho particulier dans les réflexions portées autour de la Citadelle Industrielle de Thiès, une initiative qui ambitionne de repositionner le Sénégal comme un acteur industriel capable de produire localement les intrants essentiels à son développement urbain et social .
Dans un contexte marqué par une croissance démographique soutenue et une pression constante sur le logement, la mise en place d’une industrie locale des matériaux de construction apparaît comme une réponse à la fois économique, sociale et politique. La présence de la Banque Nationale de Développement Économique dans cette signature n’est pas anodine. Elle traduit une volonté claire d’accompagner financièrement des projets structurants capables de générer de la valeur ajoutée locale et de stimuler l’emploi.
De son côté, l’expertise de Catherine Faure, fortement impliquée dans la conception de projets industriels intégrés, apporte une dimension technique et stratégique essentielle, en lien direct avec les orientations définies dans les politiques d’industrialisation durable. Quant à Mayoro Mbaye, son expérience dans la conduite de projets et sa capacité à mobiliser des réseaux économiques internationaux renforcent la crédibilité opérationnelle de l’initiative, tandis que l’implication de Caseitaly à travers son représentant Bulgarelli ouvre la voie à un transfert de savoir-faire et à une coopération technologique déterminante.
Au-delà de la signature elle-même, c’est toute une vision qui se dessine, celle d’un écosystème industriel capable d’intégrer production, formation et innovation. Le projet ne se limite pas à la fabrication de matériaux, il ambitionne de structurer une chaîne de valeur complète, allant de la transformation des ressources locales à la mise à disposition d’équipements modernes pour le secteur du BTP. Une telle approche permet non seulement de réduire les coûts de construction, mais également de favoriser l’émergence d’une main-d’œuvre qualifiée, apte à répondre aux exigences d’un marché en mutation.
Dans cette perspective, le futur pôle industriel apparaît comme un levier puissant pour la création d’emplois et la montée en compétences des jeunes, répondant ainsi à des enjeux sociaux majeurs. Il s’inscrit également dans une logique de souveraineté économique, en permettant au pays de produire ce qu’il consomme et de valoriser ses propres ressources. L’ambition est claire, transformer une contrainte structurelle en opportunité durable, en faisant de l’industrialisation un moteur de croissance et de stabilité.
Ce mémorandum d’entente, signé dans un cadre international, symbolise ainsi la convergence d’intérêts entre acteurs publics, privés et partenaires étrangers autour d’un objectif commun, celui de bâtir les fondations d’un développement endogène, résilient et tourné vers l’avenir. Il marque le début d’un processus qui, s’il est mené avec rigueur et constance, pourrait redéfinir durablement les contours du secteur de la construction en Afrique de l’Ouest et offrir un modèle reproductible à l’échelle du continent.
Malick Sakho