En prélude au Festival International du "Tiébou Dieune" 2026, le mythique quartier de pêcheurs de Saint-Louis a vibré au rythme du "Festi.Ngaal". Entre régates de pirogues et effluves de riz au poisson traditionnel, les femmes de la Langue de Barbarie ont donné le ton d'un événement qui s'annonce historique.(Par Aly Saleh)
Le Sénégal s’apprête à célébrer son plat national, inscrit au patrimoine immatériel de l’UNESCO, avec une ambition renouvelée. À trois mois du coup d'envoi officiel du Festival du "Tiébou Dieune" prévu du 25 au 30 octobre 2026 à Saint-Louis, le quartier de Guet Ndar a offert ce week-end un avant-goût spectaculaire des festivités à travers le Festi.Ngaal (Festival de la Pirogue).
Pour l'opération économique Mayoro Mbaye, initiateur de l'événement, cette première édition pose les jalons d'un grand rendez-vous périodique international. "L'objectif est clair : faire de la capitale du Nord l’épicentre mondial de la diplomatie culinaire sénégalaise".
L'excellence guet-ndarienne au cœur des marmites
Sous les yeux d'un public conquis, mêlant passionnés et officiels, le fleuve et les ruelles de la Langue de Barbarie ont fusionné dans une ambiance de saine compétition. Le moment fort de la journée est resté le très couru concours culinaire. Face à un jury exigeant, les candidates ont rivalisé d'adresse autour de critères stricts : respect des techniques ancestrales, gestion du temps de cuisson, hygiène irréprochable, présentation visuelle et, bien sûr, la justesse du goût.
Au terme des délibérations, le palmarès a sacré l'élite de la gastronomie locale. Le 1er Prix a été remporté par le GIE "Saf Lokho" (qui porte admirablement son nom), le 2e Prix a été attribué au GIE Guedj ak Yet et le 3e Prix remporté par le GIE Teranga Ndar.
"Cette compétition a mis en lumière le savoir-faire unique de ces actrices de l'ombre, dont le talent fait rayonner le patrimoine sénégalais bien au-delà de nos frontières", a expliqué l'homme d'affaires Mayoro Mbaye.
Le grand dialogue des 14 régions du Sénégal
Mais Guet Ndar n'était qu'une mise en bouche. En octobre prochain, Saint-Louis adoptera une dimension pancanadienne et internationale en accueillant les quatorze régions du Sénégal. Chaque territoire viendra avec ses spécificités culturelles, ses folklores et ses propres variantes culinaires. Plus qu'une simple foire, ce festival est pensé comme une plateforme de dialogue interculturel et de valorisation des terroirs.
Un levier économique et social majeur
Derrière le folklore et les saveurs se cache un enjeu de développement économique crucial pour le pays. Soutenir le Festival du Tiébou Dieune, c'est injecter de la valeur directement dans l'économie réelle. C'est un soutien direct aux filières locales (Pêcheurs, maraîchers, riziculteurs et transformateurs de produits halieutiques); la création d'emplois avec notamment la relance des secteurs de l'artisanat, de la restauration et de l'hôtellerie territoriale.Mais soutenir le festival, c'est aussi soutenir le tourisme durable en positionnant Saint-Louis comme une destination phare du tourisme gastronomique.
En octobre, la vieille ville ouvrira grand ses portes pour célébrer notre identité, notre légendaire Teranga et notre excellence. Guet Ndar a magistralement lancé les hostilités ; le reste du Sénégal n'a plus qu'à bien se tenir.
Aly Saleh