Entretien Exclusif avec Monsieur Ousseynou Niang:

15 - Février - 2026

À Dahra, au cœur du Djolof, une nouvelle génération d’acteurs politiques affirme progressivement sa voix. Formé à l’école du militantisme et façonné par une longue expérience au sein du Parti socialiste, Ousseynou Niang incarne aujourd’hui ce visage jeune, structuré et résolument engagé qui entend peser dans le débat local et national.
Juriste de formation, profondément enraciné dans le tissu associatif de sa commune, il a franchi un cap politique en rejoignant le parti Rewmi aux côtés du ministre Aly Saleh Diop, tout en assumant clairement son soutien à Idrissa Seck.
Dans cet entretien sans détour, il revient sur son parcours, explique les raisons de son départ du Parti socialiste, analyse la situation politique nationale et partage sa vision pour Dahra et le Sénégal. Entre fidélité aux valeurs, exigence de cohérence et ambition pour la jeunesse, Ousseynou Niang trace les contours d’un engagement qu’il veut constant et assumé.


Entretien :


Pouvez-vous vous présenter brièvement à nos lecteurs et revenir sur votre parcours politique ?


Je m’appelle Ousseynou Niang, jeune Sénégalais né à Dahra Djolof, juriste de formation et passionné très tôt par la vie associative et politique.
Mon engagement citoyen a commencé dans le mouvement associatif :
Secrétaire général de l’ASC Sara, l’équipe de mon quartier ;

Président de la commission d’organisation du REDUCAD (Rassemblement des Étudiants de Dahra à l’Université Cheikh Anta Diop) ;

Membre du comité directeur de l’ASC Dahra ;

Membre de CAJUST (Citoyens Actifs pour la Justice Sociale) ;

Vice-président de la commission communication de SENE ASSO, une association internationale à vocation sociale.

Sur le plan politique, mon engagement a débuté au Parti socialiste, où j’ai milité plus de dix ans, notamment au sein du MNJS (Mouvement National des Jeunesses Socialistes). J’ai également intégré la 14e promotion du programme Leadership politique de la Fondation Friedrich Ebert (promotion Mame Madior Boye).
Lors des dernières élections locales à Dahra, j’étais coordonnateur communal des jeunes de la coalition Benno Bokk Yakaar. Aux législatives suivantes, j’ai été coordonnateur départemental des jeunes de la même coalition. Aujourd’hui, je milite au sein du parti Rewmi, par l’entremise du ministre Aly Saleh Diop.
Quel bilan personnel tirez-vous de vos années de militantisme au Parti Socialiste ?


Mon bilan est largement positif. Le Parti socialiste m’a façonné. Il m’a appris le sens de la responsabilité, la rigueur, la discipline et surtout la mesure dans la parole publique.
Être jeune socialiste, c’est intégrer une culture politique où tout n’est pas permis, ni dans les actes, ni dans les mots. Cette école m’a structuré politiquement et humainement.
Après plusieurs années passées au Parti Socialiste, vous avez décidé de quitter cette formation politique. Quelles sont les principales raisons de ce départ ?


Quitter un parti dans lequel on a grandi politiquement n’est jamais une décision facile. Mais avec le temps, je ne me retrouvais plus dans certaines méthodes de fonctionnement interne.
J’ai espéré des évolutions positives, j’ai pris le temps de la réflexion. Mais lorsque vous sentez que votre vision et celle de votre formation politique ne convergent plus, il faut savoir faire preuve de lucidité.
Cette décision est-elle le fruit d’une réflexion personnelle ou d’un contexte politique particulier ?


C’est avant tout une décision personnelle. Mon engagement était personnel, donc mon départ l’est également.
Cependant, il serait malhonnête d’ignorer le contexte politique. Parfois, les circonstances rendent une décision inévitable. Il arrive un moment où rester devient plus incohérent que partir.
Que retenez-vous concrètement de votre passage au sein de ce parti ?


Je retiens que le Parti socialiste demeure l’une des plus grandes formations politiques du Sénégal, de par son histoire, ses ressources humaines et sa culture organisationnelle.
Il m’a inculqué une éthique politique forte. Cette expérience restera une étape fondatrice de mon parcours.
Vous avez décidé de rejoindre Monsieur Aly Saleh Diop. Pourquoi ce choix ?


Parce que, chez moi, les valeurs priment sur les opportunités.
J’ai quitté un parti d’opposition pour rester dans l’opposition. Mon choix n’a donc rien d’opportuniste. Il est cohérent avec mes convictions.
J’ai toujours défendu l’idée que l’engagement politique doit être fondé sur des principes. J’ai connu cette exigence avec feu Ousmane Tanor Dieng au PS et avec Mame Bounama Sall au MNJS. Je la retrouve chez Aly Saleh Diop.
Qu’est-ce qui vous séduit dans sa vision politique ?


Son leadership éclairé, sa sincérité et le respect de la parole donnée.
Bien avant de le rejoindre, j’ai toujours salué publiquement ses qualités. Ceux qui parcourent mes anciennes publications peuvent en témoigner. Mon admiration n’est ni récente ni circonstancielle.
Pensez-vous que son leadership peut apporter des réponses concrètes aux attentes des populations de Dahra ?
Les faits parlent d’eux-mêmes.
Lorsqu’il était ministre de l’Élevage sous la présidence de Macky Sall, Dahra et le Djolof ont bénéficié d’importants projets. Le CRZ de Dahra a été renforcé avec des étalons venus du Brésil. La Journée nationale de l’élevage s’est tenue pour la première fois à Dahra.
Ces actes concrets démontrent qu’il ne s’agit pas seulement d’un discours, mais d’un leadership productif.
En quoi votre engagement à ses côtés s’inscrit-il dans une continuité ou une rupture ?


C’est une continuité dans les valeurs, mais une nouvelle étape dans le parcours.
Les principes restent les mêmes : rigueur, cohérence et fidélité à mes convictions. Le cadre change, mais l’essentiel demeure.
Vous êtes considéré comme l’un des jeunes les plus en vue de Dahra, voire du Djolof. Comment analysez-vous la situation socio-économique de la commune ?


(Rires.) Merci, même si je reste prudent avec ce genre de qualificatifs.
Dahra dispose d’un potentiel immense, notamment dans l’élevage et le commerce. Mais les défis sont nombreux : chômage des jeunes, manque d’infrastructures, notamment sportives. La situation du stade municipal est préoccupante.
Avec une meilleure valorisation des ressources pastorales, des investissements structurants et des espaces d’épanouissement pour la jeunesse, Dahra pourrait consolider son rôle de capitale économique du Djolof.
Quelles solutions concrètes proposez-vous ?


Priorité à la sécurité, car l’insécurité devient préoccupante.
Il faut aussi améliorer l’accès à l’eau et à l’électricité, moderniser le plateau médical pour l’adapter à la démographie croissante et investir sérieusement dans les infrastructures sportives et la formation professionnelle.
Comment analysez-vous la situation politique actuelle au Sénégal ?


Je considère que le pays traverse une phase délicate. Beaucoup de promesses tardent à se concrétiser.
Le Sénégal reste stable comparé à d’autres pays de la sous-région, mais les attentes des populations sont fortes et légitimes.
Certains accusent l’ex-président Macky Sall d’instrumentaliser une partie de la jeunesse. Que répondez-vous ?


Je parle pour moi : je n’ai jamais été instrumentalisé.
Entre l’argent et mes valeurs, je choisis mes valeurs. Mon engagement a toujours été libre et autonome. Mes positions ne sont ni monnayables ni dictées.
Que pensez-vous de la posture actuelle d’Idrissa Seck ?


J’ai choisi la cohérence.
Si je considère que le pays a besoin de compétence et de leadership, alors je dois soutenir un leader crédible. Avec Idrissa Seck, on peut débattre de tout, sauf de ses compétences.
À mes yeux, il incarne aujourd’hui l’un des profils les plus aptes à diriger le Sénégal. L’avenir dira le reste.
Quels sont les principaux défis du pays aujourd’hui ?


Les défis sont immenses :
Emploi des jeunes

Gouvernance et gestion de la dette

Éducation

Sécurité

Environnement

Le Sénégal a des atouts, mais il faut une gouvernance efficace pour les valoriser.
Quel rôle la jeunesse politique doit-elle jouer ?


La jeunesse est une force transformatrice.
Elle doit être moteur de participation citoyenne, force d’innovation, défenseur des valeurs démocratiques et facteur de stabilité. Elle ne doit pas être un simple relais, mais un acteur central.
Quel message adressez-vous à vos anciens camarades du Parti Socialiste ?
Je leur adresse respect et considération.
Nos chemins divergent politiquement, mais l’histoire commune demeure. La politique ne doit jamais effacer les liens humains.
Quel appel lancez-vous aux jeunes de Dahra et du Djolof ?


Formez-vous. Soyez libres dans vos idées. Ayez des convictions inébranlables.
Choisissez d’être des collaborateurs responsables plutôt que des exécutants sans esprit critique. La liberté a un prix : la cohérence entre vos paroles et vos actes.
L’image que vous donnerez dépendra de vous. Soyez exigeants envers vous-mêmes, et fidèles à vos valeurs.

                               MALICK SAKHO

Commentaires
0 commentaire
Laisser un commentaire
Recopiez les lettres affichées ci-dessous : Image de Contrôle
Autres actualités

Ramadan 2026 : Direct Aid Society tend la main à 700 familles démunies

20 Février 2026 0 commentaires
À l’occasion du mois béni de Ramadan, l’ONG Direct Aid Society a procédé ce jeudi à une distribution de kits alimentaires a...
Demande de renseignement

Contactez nous au

07 69 67 77 43

ou