Quelle bravoure !
Quelle dignité !
Quel courage !
Quel mental !
Dieu est juste !
«Le lion rouge a rugi, il a dompté la brousse ». Cette joie est ineffable. Cette victoire bien méritée révèle ce que nous sommes vraiment, ce que nous représentons sur le continent africain. Cette victoire, celle du peuple sénégalais puise son origine dans l’ambition, la cohésion, le courage et l’union autour de l’essentiel. Nous y avons cru, ils l’ont fait. Ainsi dit-on, tant qu’il y a vie, il y a de l’espoir; il ne faut jamais céder. Un peuple, un but, deux sacres: ce n’est pas un slogan, c’est une vérité empreinte d’héritage, de valeurs, d’amour profond pour cette nation sénégalaise. Le Sénégal a encore prouvé que l’idéal était de se réunir autour de nos couleurs, d’aligner les forces vives, de transformer l’élan en constance et d’ériger la ferme volonté en discipline sur le terrain, dans les gradins: nous sommes les lions de la «téranga». Parce que la réussite est l’affaire d’un ensemble. Chaque cri, chaque larme, chaque énergie, chaque talent, chaque prière, chaque regard, chaque voix compte, et cette force vive, aucune nation ne peut y résister: « Gaindé bou xoussé si ale guissouma loukoy téré fade » (Un lion ne rentre jamais affamé).
Cette deuxième étoile est sociale. Elle a porté nos voix partout: des rues, des quartiers, des villages, des régions du Sénégal à Rabat, passant par la Diaspora. L’ego s’est plié au collectif, la différence a trouvé son refuge derrière l’essentiel: le Sénégal est un grand peuple qui a les yeux dans la même direction, l’amour dans un seul cœur: «Unissons la mer et les sources, unissons la steppe et la forêt».
Ce deuxième sacre est d’une diplomatie exemplaire. En effet, au-delà de la sportivité incarnée par le peuple sénégalais, il y a à reconnaître les valeurs et les principes qui fondent notre nation. Cette victoire révèle à l’Afrique et au monde que notre pays est crédible, qu’il sait gagner du respect, s’imposer, inspirer sans aucune arrogance, rassurer, influencer sans fracas dans un contexte africain où le jugement est porté sur son instabilité. Le Sénégal a encore montré que la constance et la discipline sont les secrets de la réussite et un exemple de puissance douce ou encore de soft power: rien ne nous ébranle - Sénégal rék! Cette victoire, synonyme de liesse, dit que nous, Sénégalais, pouvons être plus grands que nos adversités sous toutes leurs formes, plus forts que nos tensions, plus durables que nos fragilités, plus joyeux, plus beaux: une deuxième étoile est un honneur.
Notre devise: un peuple - un but - une foi reste celle de l’incarnation de l’inclusion de tous, de la vision partagée. En effet, dans ce triptyque réside un appel fort du pays des grands footballeurs: Feu Jules François BOCANDÉ, El Hadji Ousseynou DIOUF, Thierno YOUM, Roger MENDY, Sadio MANÉ, Edouard MENDY…: un appel à grandir dans l’union, la solidarité. Non pour une finale ou une qualification quelconque, mais surtout pour relever chaque défi patriotique.
« Appelle-les. On va jouer comme des hommes », Sadio MANÉ. Quel courage! Quel mental! Nous y avons cru, ils l’ont fait et nous ont honorés malgré tout ce qui s’est passé aux yeux du monde. Cette victoire nous rappelle que nos ressources, nos talents, et notre amour existent. Il n’y a rien de plus cher que notre pays, nous nous devons encore de nous unir pour son honneur, sa victoire. Ainsi, un peuple - un but - deux sacres n’est pas seulement une victoire sportive. C’est en réalité une preuve que nous avons un symbole, une leçon à enseigner, une méthode nationale à faire valoir à tout prix. « On nous tue, mais on ne nous déshonore pas ». Nous resterons debout comme un seul homme, car ensemble, nous sommes plus forts!
Aujourd’hui, il nous faut reconnaître davantage notre force, notre valeur et dessiner notre futur dans le monde du football. L’héritage est un fardeau, et nous devons le porter avec amour, courage et honneur.
Ensemble pour le troisième sacre!
Assane SARR