Par une belle journée printanière, la salle Smague du quartier Bourg L’Évêque à Rennes s’est transformée, ce samedi 24 mai, en un vibrant carrefour culturel. À l’initiative de l’association Diaspo’Afrik, la troisième édition de la Journée culturelle africaine a offert au public un moment rare, à la fois festif, intellectuel et profondément enraciné dans les valeurs de transmission, d’ouverture et de mémoire.
Dès les premières heures de la matinée, les couleurs, les sons et les parfums venus du continent africain ont envahi les lieux. Dans les allées, entre les stands d’artisanat, les expositions de tableaux et les dégustations de plats traditionnels, les visiteurs de tous âges ont pu découvrir ou redécouvrir la diversité d’une culture africaine plurielle, vivante et résolument contemporaine.
Mais cette journée ne fut pas qu’un simple festival d’images et de sons. Elle a débuté par une conférence de haute tenue intellectuelle, animée par Fatim Wallet, chercheuse engagée et voix montante du panafricanisme culturel. Intitulée « Décoloniser l’histoire : quelle place pour le regard africain dans la transmission du passé ? », son intervention a posé les bases d’un questionnement nécessaire : à qui appartient le récit du passé africain ? Quels récits nous ont été imposés, et comment y répondre par nos propres voix ? Dans une salle attentive, remplie de jeunes, d’universitaires, de parents et de curieux, la conférencière a su conjuguer rigueur historique, sensibilité et engagement citoyen.
Loin d’un événement figé dans la nostalgie ou la commémoration, la Journée culturelle africaine de Diaspo’Afrik est une invitation à faire vivre, ici et maintenant, l’héritage africain dans toute sa complexité. Une ambition que porte l’association organisatrice depuis sa création.
Fondée par des jeunes issus de la diaspora africaine installée en Bretagne, Diaspo’Afrik s’est donnée pour mission de valoriser les cultures africaines sous toutes leurs formes, de renforcer les liens intergénérationnels et de contribuer à une meilleure inclusion des afrodescendants dans le paysage socioculturel local. Depuis ses débuts, l’association s’est imposée comme un acteur incontournable du dialogue interculturel à Rennes, en multipliant les initiatives éducatives, les rencontres artistiques et les projets solidaires.
Tout au long de la journée, les visiteurs ont pu assister à des prestations de danses traditionnelles, participer à des ateliers d’initiation, échanger avec des créateurs venus présenter leurs œuvres, ou encore savourer des mets emblématiques d’Afrique . L’ambiance, chaleureuse et inclusive, a rappelé que la culture, quand elle est partagée avec sincérité, devient un langage universel.
Pour de nombreux participants, cette journée a aussi été l’occasion de se retrouver, d’échanger, de poser des questions, de tisser des liens.
À l’heure où les débats sur l’identité, l’intégration ou la mémoire coloniale peuvent diviser, la Journée culturelle africaine de Diaspo’Afrik propose un autre chemin : celui du dialogue, du respect mutuel et de la construction d’un récit commun. En trois éditions seulement, elle est devenue un rendez-vous incontournable dans le calendrier rennais. Et tout porte à croire qu’elle n’en est qu’à ses débuts.
Malick Sakho