!Marché central, 3 millions FCFA, assainissement et bilan municipal : la conférence de presse des responsables de la mairie de Kaolack marque une nouvelle escalade dans le bras de fer avec Modou Ndiaye Rahma.
KAOLACK – La riposte est lancée. Face aux récentes déclarations de Modou Ndiaye Rahma et à l’annonce d’un appui financier de 3 millions de francs CFA destiné aux commerçants du marché central, les responsables de la mairie de Kaolack ont décidé de sortir du silence. Lors d’une conférence de presse au ton particulièrement ferme, plusieurs membres de l’équipe municipale ont pris la parole pour défendre la gestion du maire Serigne Mboup, dénoncer ce qu’ils qualifient de tentatives de manipulation de l’opinion et réaffirmer leur détermination à protéger les intérêts de la commune.
Le message est clair : la mairie refuse de se laisser dicter sa conduite par les polémiques sur les réseaux sociaux.
Porte-parole de la mairie de Kaolack, Mame Birame Faye a donné le ton de cette sortie médiatique. Face à la presse, il a dénoncé ce qu’il considère comme des attaques dirigées contre l’institution municipale, tout en rappelant que l’action publique ne saurait être soumise aux pressions des réseaux sociaux.
Pour lui, les débats et les critiques ne doivent pas devenir des instruments de déstabilisation de la municipalité. La mairie entend poursuivre son travail, défendre le patrimoine communal et préserver les intérêts des populations de Kaolack.
Cette prise de parole traduit la volonté de l’équipe municipale de ne plus laisser les critiques visant sa gestion sans réponse.
Dans cette offensive, Ndeye Lobé Lam, adjointe au maire chargée de l’état civil, a également pris la parole pour répondre aux critiques formulées contre la municipalité.
Elle a notamment invité Modou Ndiaye Rahma à regarder de plus près les difficultés de son propre quartier avant de s’ériger en donneur de leçons sur la gestion du marché central de Kaolack.
Sur le terrain, la responsable municipale affirme que la mairie n’est pas restée inactive. Elle met en avant les interventions engagées en matière d’assainissement, de ramassage des ordures et de nettoyage, particulièrement pendant la période hivernale.
Pour les responsables municipaux, le bilan d’une équipe se juge d’abord à ses actes, et non au bruit des déclarations.
Madjiguène Diouf, chargée de l’assainissement, et Yaye Astou Sarr, chargée de la formation professionnelle, ont également participé à cette prise de parole collective pour défendre l’action de la municipalité.
C’est l’un des principaux points de friction de cette confrontation : les 3 millions de francs CFA annoncés par Modou Ndiaye Rahma en faveur des commerçants du marché central.
Présentée comme un geste de soutien aux acteurs du commerce, cette initiative suscite une lecture radicalement différente du côté de la mairie. Les responsables municipaux y voient davantage une démarche de « politique politicienne » qu’une réponse durable aux difficultés rencontrées par les commerçants.
Sans nier l’importance des préoccupations du marché central, ils contestent ainsi la manière dont cette initiative s’inscrit dans le débat autour de la gestion municipale.
La mairie appelle Modou Ndiaye Rahma à faire preuve de retenue et à éviter, selon elle, de transformer les difficultés des populations en instrument de confrontation politique.
Au-delà de la polémique avec Modou Ndiaye Rahma, cette conférence de presse a surtout servi de tribune à la défense du bilan du maire Serigne Mboup.
Les responsables présents ont rejeté les critiques visant la gestion municipale et soutenu que les réalisations de l’équipe doivent être évaluées à partir des actions effectivement menées dans les différents secteurs de la commune.
Assainissement, gestion des déchets et interventions au marché central figurent parmi les domaines évoqués pour illustrer les efforts revendiqués par la municipalité.
Pour l’équipe de Serigne Mboup, les critiques ne sauraient effacer les initiatives engagées depuis son arrivée à la tête de la commune. Elle entend ainsi ramener le débat sur le terrain des réalisations et de la gestion concrète des préoccupations locales.
En réunissant plusieurs responsables autour d’une même ligne de défense, la mairie de Kaolack affiche sa volonté de répondre collectivement aux attaques qu’elle estime subir. Cette sortie médiatique confirme que la tension entre l’institution municipale et Modou Ndiaye Rahma dépasse désormais la seule question des 3 millions de francs CFA.
Derrière cette confrontation se joue aussi une bataille de communication et de légitimité autour du marché central, de la prise en charge des préoccupations des commerçants et de l’appréciation du bilan municipal.
Une chose est certaine : la mairie de Kaolack entend défendre son bilan et ne compte pas laisser le débat public se dérouler sans riposte. Reste désormais à savoir si cette confrontation débouchera sur un débat de fond consacré aux solutions attendues par les commerçants ou si elle alimentera davantage les tensions autour de la gestion de la commune.
S.S